Rencontre Danielle Palardy Roger — Joëlle Léandre

Danielle Palardy Roger souhaitait ce rendez-vous musical avec Joëlle Léandre depuis longtemps. Après une rencontre à Victoriaville l’année précédente, le projet s’est précisé: chacune un solo, un duo Palardy Roger/Léandre et un quatuor de contrebasses qui réunirait des musiciens de toutes tendances musicales ayant en commun le goût de l’aventure et la passion d’improviser. Un quatuor de contrebasses pour lequel Danielle Palardy Roger avait envie d’écrire et pour lequel elle a aussi commandé des œuvres à René Lussier, Pierre Cartier et Joëlle Léandre.

Voyage en Aphasie Mineure

Danielle Palardy Roger, ici percussionniste et diseuse, rassemble une suite de textes et de jeux d’exploration à travers divers timbres et langages de la batterie acoustique. Ce projet sur la rupture du langage et les dysfonctions de la mémoire est construit à partir des automatismes et des onomatopées qui permettent à l’aphasique de maintenir la communication avec les autres.

La revanche des contrebasses

Au programme:

  • Les Mages de Pierre Cartier
  • Entre nous de Joëlle Léandre
  • À chacun sa corde de René Lussier
  • Les zélés de la peinture à l’huile de Danielle Palardy Roger

La contrebasse à l’avant-scène! Quatre contrebassistes interprètent quatre œuvres inédites qui permettent d’entendre les possibilités musicales inouïes de cet instrument. Tenue souvent pour secondaire, la contrebasse de l’orchestre classique a trouvé, avec le jazz, une place inespérée et est devenue un géant sonore, une voix incroyablement touchante dont la puissance et la précision des graves n’ont d’égales que la fragilité et l’incertitude des aigus.

À voix basse ou les méandres de Léandre

Au programme:

  • A flower de John Cage
  • Notti de Philippe Fénélon
  • Mantram de Giacento Scelsi
  • Intersticios de José Luis Campana
  • Piece for dog de Joëlle Léandre

À voix basse ou les méandres de Léandre, c’est Joëlle Léandre la magnifique, l’amoureuse de la contrebasse qu’elle caresse, fouette, traite et maltraite. C’est aussi la défricheuse de champs sonores, la laboureuse de chants sous-entendus… c’est une virtuose iconoclaste. Au pays des tiroirs, certains aimeraient bien savoir si À voix basse ou les méandres de Léandre, c’est du jazz, de la musique classique ou contemporaine… c’est tout simplement et radicalement la passion de la contrebasse.

Rencontre Joëlle Léandre — Danielle Palardy Roger

Pour clôturer cet événement, place à une rencontre entre deux improvisatrices qui roulent leur bosse depuis plus de vingt ans, en transportant sur leur dos de bien encombrants instruments: une batterie et une contrebasse. Une soirée de musique improvisée qui se joue comme un trait d’union entre l’intensité et la fragilité, comme un aller-retour entre la profondeur et la subtilité.

  • mercredi 5 mai 1999
La Chapelle – scènes contemporaines
3700, rue Saint-Dominique
métro Sherbrooke + autobus 144 / métro Saint-Laurent + autobus 55 Nord
  • jeudi 6 mai 1999
La Chapelle – scènes contemporaines
3700, rue Saint-Dominique
métro Sherbrooke + autobus 144 / métro Saint-Laurent + autobus 55 Nord

La presse en parle

Danielle Palardy Roger en toute improvisation

Alain Brunet, La Presse, 6 mai 1999

Le trio Justine, descendant de Wonder Brass, est en pause prolongée. Peut-être à la retraite… nulle ne peut le dire. Ces dernières semaines, Diane Labrosse (claviers, échantillonneur, voix) et Joane Hétu (saxophone, voix) ont présenté tour à tour leurs projets en solo, et voici Danielle Palardy Roger, troisième pointe du triangle à piquer la curiosité des mélomanes. Ce soir au Théâtre La Chapelle, elle se produit aux côtés de la contrebassiste Joëlle Léandre.

«Nous sommes toutes dans des démarches individuelles, amorce la batteure. Pour moi, c’est faire le tour de ce que je suis: musicienne, créatrice et compositrice. C’est (surtout) relever de nouveaux défis: en chantant et en jouant simultanément de la batterie. C’est dire ma poésie et être totalement libre au niveau de mon jeu de percussions. C’est comme si j’étais deux personnes. Un défi extraordinaire.

Voyage en Aphasie mineure, le titre de mon projet solo, est un concept que je me suis moi-même imposé. Pour plusieurs raisons, dont celle-ci: je trouve qu’on a des difficultés de langage dans la musique moderne. Nous vivons un éclatement du langage musical. Pour moi, l’éclatement du langage, c’est l’improvisation, le traitement du bruit.

«Mon enjeu, c’est que je suis une batteuse et que je chante en m’accompagnant avec un langage qui est beaucoup plus près du piano que de la batterie. Désormais, je travaille beaucoup sur les timbres, les couleurs, la diversité, le fouillis, mais surtout l’indépendance du chant par rapport à la percussion.

«En faisant cette démarche, j’ai pense a mon père qui a eu un accident cardiovasculaire et qui est devenu aphasique. Mais il peut dire tout ce qu’il veut. Il a éliminé ce qui est superficiel dans le langage pour exprimer l’essentiel. Alors tous les textes que je chante ou dis (je me considère plus diseuse que chanteuse) ont rapport avec cette difficulté du langage.

Danielle Palardy Roger présentait hier ce Voyage en Aphasie mineure, en plus de se produire aux côtés d’un quatuor de contrebasses (Patricia Deslauriers, Jacques Beaudoin, Pierre Cartier et Paul Nicholas Caloia). Ce soir, place à la Française Joëlle Léandre, une des plus douées contrebassistes du jazz contemporain et de la musique improvisée—une trentaine de disques à son actif, une quarantaine d’œuvres pour contrebasse, des pièces écrites pour elle par des légendes qu’elle a côtoyées, à commencer par Morton Feldman, John Cage et Giancinto Scelsi.

«Une virtuose, un monstre», affirme sa collègue d’un soir.

Avant que Danielle Palardy Roger ne se joigne à elle ce soir, Joëlle Léandre se produira en solo. Léandre navigue entre le jazz et la musique contemporaine. Hier, toutefois, elle nayiguait dans l’atmosphère, quelque part entre Marseille, Bruxelles et Montréal. Le pont aérien qui permet aux réfugiés kosovars de traverser l’Atlantique aurait foutu le bordel dans les aéroports européens.

«Plus les choses avancent, plus ça sera improvisé», annonce Danielle P. Roger, un peu inquiète du retard qu’accuse le vol de sa collègue. Musique improvisée, quoi qu’il advienne.

Joëlle Léandre et Danielle Palardy Roger

Catherine Perrey, Ici Montréal, no 2:33, 6 mai 1999

La contrebassiste-vocaliste française Joëlle Léandre est tout un personnage! Cette grande brune loquace, éléve de John Cage, triture sa contrebasse pour lui faire sortir tout ce qu’elle a dans le fond de la caisse, de la musique classique au jazz en passant par la musique contemporaine. Elle a trouvé une âme sœur en la personne de Danielle Palardy Roger, batteure percussionniste, elle aussi encombrée par un instrument difficilement transportable… La soirée s’ouvrira avec le solo «A voix basse ou les méandres de Léandre», et se terminera par une conversation musicale improvisée entre ces deux musiciennes innovatrices, qui n’ont pas leur gosier dans leur poche.

Musiques de notre temps

Clément Trudel, Le Devoir, 3 mai 1999

Jeudi, au Théâtre La Chapelle, la contrebassiste française Joëlle Léandre et Danielle Palardy Roger (batterie et voix) se livrent à un duo de musique improvisée après exécution, par Mme Léandre, de À voix basse, ou les méandres de Léandre. Le concert de mercredi donne lieu à un Voyage en Aphasie mineure, de Danielle Palardy Roger, et à La Revanche des contrebasses, au cours de laquelle seront créées des œuvres de Pierre Cartier, de Jacques Beaudoin, de Paul Nicholas Caloia et de Patricia Deslauriers.

Rencontre Joëlle Léandre / Danielle Palardy Roger

Nicolas Tittley, Voir, 29 avril 1999

Décidément, la scène du Théâtre La Chapelle ne dérougit pas ces temps-ci. Profitant du passage à Montréal de la contrebassiste française Joëlle Léandre (qui fait sa première apparition chez nous en six ans), la salle de la rue Saint-Dominique vibrera au son de ses cordes, auxquelles s’ajouteront les percussions de Danielle Palardy Roger, les 5 et 6 mai. Mercredi, Roger présentera en solo Voyage en Aphasie Mineure, une exploration de l’univers de cette terrible maladie à travers les langages de la batterie et de la voix. Le même soir, un quatuor de contrebassistes proposera la création d’œuvres de Léandre, Roger, Pierre Cartier et René Lussier. Le lendemain, ce sera au tour de Joëlle Léandre de se produire en solo avec À voix basse ou les méandres de Léandre, suivi d’un duo improvisé avec Danielle Palardy Roger. Au programme un assortiment extraordinaire de pincements, grincements, battements et glissements.