Joane Hétu: Joker — Les lucioles

Après avoir été acclamé au FIMAV 2019… l’unique reprise à Montréal, à ne pas manquer!

Assumant la direction artistique de la pièce, Joane Hétu s’est associée à Jean Derome et Danielle Palardy Roger pour la composition de l’œuvre. Tous trois font partie du chœur et s’en partagent aussi la direction. Ils sont entourés de 17 fameux vocalistes issus de la collectivité montréalaise d’instrumentistes, chanteurs, danseurs et comédiens, qui ont tous en commun une frénésie de s’exprimer par les sons de la voix.

Les lucioles est un conte échevelé élaboré à partir du pouvoir qu’ont les mouches à feu d’émettre de la lumière la nuit au début de l’été. Telles de petites braises dansant dans les ténèbres, depuis longtemps, elles ont nourri l’imaginaire des poètes. La lueur fantomatique de la luciole évoque l’évanescence de la vie; de notre vie, qui, comme la beauté, n’est qu’une lueur fugitive dans la nuit du temps. Borges a écrit: «Est-elle un empire la lumière qui s’éteint ou une luciole?». Pasolini a associé la luciole à la résistance: une fragile lueur luttant contre l’éclat aveuglant du pouvoir.

Les lucioles de Hétu, Derome, Roger nous apparaît ainsi comme une allégorie sur l’espoir dans un monde sans cesse menacé par l’obscurantisme, les simulacres du pouvoir, la bêtise financière et le chaos des États. Ombres menaçantes et lumières éclatantes se suivent. Comment s’y retrouve-t-on parmi les ténèbres qui nous entourent? Utilisant la gestuelle de direction propre aux musiques improvisées, les trois compositeurs mènent le chœur à travers les nombreux mouvements et dédales de la pièce. Et la lumière des lucioles jaillira au milieu de mondes inouïs de phonétiques et de mots se soulevant entre bruissements et chuintements.

Les lucioles est une audacieuse œuvre-collage, un jeu d’écriture collective où l’on sent la complicité des compositeurs. Et quoiqu’on y sente les influences de chacun il demeure, en filigrane, l’essence créatrice de Joane Hétu.

Participants

Programme