Les Muses au Musée

  • samedi 6 juin 1992
  • dimanche 7 juin 1992
Salle Beverley Webster Rolph – Musée d’art contemporain de Montréal
185, rue Sainte-Catherine Ouest
métro Place-des-Arts

Produit en collaboration avec le Musée d’art contemporain de Montréal

Une œuvre en neuf tableaux: Les Muses au Musée est un événement autour de la voix: la voix qui parle, qui dit, qui récite; la voix qui chante, vocalise, psalmodie; la voix qui suinte halète, tremble.

Pour bien mettre cette voix multiple en valeur, chacun des neufs tableaux donnent une place de soliste à une artiste, et ce, dans le plus grand dénuement. Chacun des tableaux est aussi créé à partir de la thématique d’une des muses; Karen Young, s’est vue attribuer celle de la musique; Marie Chouinard, la danse; Pauline Vaillancourt, l’astronomie; Pauline Julien, l’histoire; Geneviève Letarte, l’éloquence; Lou Babin, l’érotisme; Natalie Choquette, la pantomime; Maggie Nicols, la comédie et Catherine Jauniaux, la tragédie.

Pas d’accompagnement, donc, pas le moindre petit instrument de percussion. Cependant, la contrebassiste française Joëlle Léandre improvise les liens entre chacun des tableaux.

La presse en parle

Super-Mémé dépousière les muses

Ève Méthot, Le Musicien québécois, no 4,2, 1 août 1992

Dans la mythologie grecque, les Gorgones possédaient d’étonnants pouvoirs. L’une des trois, Méduse, engendra Pégase qui d’un coup de sabot fit jaillir la fontaine d’Hippocrène où s’abreuvèrent les poctes et les muses de l’Antiquité. Trois Gorgones modernes plutôt sympathiques, Joane Hétu, Diane Labrosse et Danielle Roger des Productions Super-Mémé, redonnaient vie aux muses lors de l’ouverture récente du nouveau Musée d’art contemporain de Montréal. Les Muses au Musée, tel était le nom de l’événement. Un projet audacieux qui a réuni sur scène des créatrices aux styles aussi variés qu’hétéroclites. Neuf muses différentes soit, Lou Babin qu’on a vue dans Carbone 14, la chansonnière Pauline ]ulien, le soprano Pauline Vaillancourt une habituée de la Société de Musique Contemporaine du Québec et du Nouvel Ensemble Moderne, la chanteuse de jazz Karen Young, Catherine Jauniaux, porte-étendard de I’avant-garde rock européenne, la poétesse et musicienne Geneviève Letarte, la chorégraphe et danseuse Marie Chouinard, Maggie Nicols, une fervente représentante des milieux de la musique improvisée et le soprano Natalie Choquette qui interprète aussi bien Mozart que Schonberg. Parlant et chantant a cappella dans une suite de tableaux animés, elles nous ont tour à tour entraînés dans leurs inventions Iyriques. Puis pour présenter chaque scène, I’excellente contrebassiste francaise Joëlle Léandre improvisait de courts interludes.

Fasciné, parfois troublé, le public s’est laissé guider et séduire. Malgré les contrastes et la variété des créations, I’ensemble formait un tout cohérent, un bouquet coloré chargé de sensibilité et d’émotions. «Tout dans ce spectacle contribuait à mettre en I’avant-garde rock européenne, la poétesse et musicienne Geneviève Letarte, la chorégraphe et danseuse Marie Chouinard, Maggie Nicols, une fervente représentante des milieux de la musique improvisée et le soprano Natalie Choquette qui interprète aussi bien Mozart que Schonberg. Parlant et chantant a cappella dans une suite de tableaux animés, elles nous ont tour à tour entraînés dans leurs inventions Iyriques. Puis pour présenter chaque scène, I’excellente contrebassiste francaise Joëlle Léandre improvisait de courts interludes.

Fasciné, parfois troublé, le public s’est laissé guider et séduire. Malgré les contrastes et la variété des créations, I’ensemble formait un tout cohérent, un bouquet coloré chargé de sensibilité et d’émotions. «Tout dans ce spectacle contribuait à mettre en coordonnait le Festival International des Musiciennes Innovatrices à Montréal et, en 1989, la Série Musiciennes Innovatrices. «La présence des femmes dans le domaine de la création musicale est considérable et pourtant on les connaît à peine, souligne Diane Labrosse. Elles travaillent souvent dans l’ombre. Les muses en sont un bel exemple. Chacune, à sa manière, a marqué le milieu des arts au Québec et méme à l’étranger. Leur engagement profond et sans compromis a largement contribué à faire évoluer le rendre hommage.»

Heureuses de clore leur saison de concerts avec cet événement qui a suscité l’enthousiasme du public et de la critique montréalaise, les Super-Mémés se consacrent à d’autres projets. Les trois femmes qui sont aussi musiciennes - Diane Labrosse est claviériste, Danielle Roger, percussionniste et Joane Hétu, saxophoniste - comptent bien poursuivre leur travail d’exploration sonore avec la bassiste Marie Trudeau au sein du groupe Justine. De plus, avec la Théorie des Ensembles qui regroupe La Flore Laurentienne, Les Granules, la Locomotive d’André Duchesne et le MCF Bruire de Michel F Côté, elles participeront en août prochain au lancement d’un disque gravé sur étiquette Ambiances Magnétiques. Jazz fragmenté, rock éclaté, folklore réinventé ou bruitisme, Ambiances Magnétiques est une figure importante de la petite industrie québécoise de la musique actuelle.

Enfin cet automne, Joane Hétu et Danielle Roger inscriront leur spectacle Double Sens au calendrier du festival New Music America qui se tiendra à Toronto.

Regroupant des danseuses et des musiciennes dans un jeu d’improvisation basé sur le hasard, Double Sens avait excité les esprits les plus inventifs lors de sa sortie à Espace Tangente en mars dernier. «Sans cesse, nous cherchons à créer de nouvelles alliances avec d’autres artistes, conclut Diane Labrosse. Notre travail est de plus en plus reconnu. Les musiciens de musique contemporaine s’ouvrent à ce que nous faisons dans le courant de la musique actuelle. Au fil des ans, Super-Mémé est devenu un lieu de rencontres inattendues. La musique que nous y diffusons témoigne de notre époque, d’une certaine frénésie de fin de siècle. Désormais, les repères ne tiennent plus. L’harmonie et les rythmes ont subi des mutations. C’est une musique en constante évolution qui ignore les interdits. Il n’y a plus qu’une seule règle: I’humour et le plaisir.»

Les Muses au musée

Suzanne Lemire, Le Journal du musée d’art contemporain de Montréal, no 3,1, 1 juin 1992

Les muses au musée is a vocal art event bringing together nine women artists from different disciplines (music, singing, dance, theatre). Each will create a 5 to 10-minute performance using her voice as the ouly instrument.

As performers and creators, these women have been selected for their originality and determination to promote true artistic quality in their respective fields of endeavour.

Personifying the nine Muses in the classical tradition, artists Lou Babin, Nathalie Choquette, Marie Chouinard, Catherine Jauniaux, Pauline Julien, Geneviève Letartre, Maggie Nicols, Pauline Vaillancourt and Karen Young will draw their inspiration, respectively, from Erato (love poetry), Polyhymnia (Iyric poetry), Terpsichore (dance), Melpomene (tragedy), Clio (history), Calliope (eloquence), Thalia (comedy), Urania (astronomy) and Euterpe (music). As an interesting side note, the word “music" comes from the Greek mousikê, which means “art of the Muses." In the classical tradition, although each Muse had her own speciality, they inspired song and language arts in general. Thus Terpsichore is the Muse of dance related to song, as personified by choreographer-performer Marie Chouinard.

In ancient times, music was primarily seen as song and poetry, but it also covered all of the arts related to song and Iyrics and all of the intellectual disciplines(history,astronomy philosophy…) as thought expressed in words.

These nine modern Muses will each present an a cappella piece based on contemporary music areas of song, jazz, improvisation, etc. Joelle Léandre, an eclectic and virtuoso double bassist, will join these artists. She will present short improvised interludes on the concert themes.