Martin Tétreault

  • Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville (Québec), 1957
  • Compositeur • Interprète (tourne-disques) • Improvisateur • Artiste visuel

Martin Tétreault, platiniste improvisateur montréalais de renommée internationale est issu du milieu des arts visuels. Son parcours est ponctué de productions variées sur disque compact et de performances sur scène avec divers collaborateurs: Diane Labrosse, René Lussier, Jean Derome, Michel F Côté, I8U, Otomo Yoshihide, Kevin Drumm, Xavier Charles, Ikue Mori et plusieurs autres. Délaissant la citation musicale, sur laquelle son travail se développait depuis ses débuts en 1985, il explore aujourd’hui les qualités intrinsèques du tourne-disques: bruit de moteur, sons parasitaires, etc. Il utilise aussi des aiguilles et des surfaces préparées (merci John Cage) et de petits instruments électroniques. Demeurant analogique, cette approche bruitiste lui permet de ne plus répondre à la question: «Mais que fais-tu des droits d’auteurs?» et de se faire inviter dans des manifestations de musiques électroniques (!). Lorsqu’il veut se reposer de la musique il retourne aux arts visuels où il sable, gratte, et découpe des livres, des revues…

Spectacles

Images en concert

  • Première rangée: compositeurs et vidéastes: Ida Toninato, Rémy Bélanger de Beauport, Pierre-Luc Lecours, Gaëtan Gravel, Robin Pineda Gould, Myriam Boucher; deuxième rangée: Julie Houle, Mili Hong, Joane Hétu, Jean Derome, Jean-Christophe Lizotte. [Photo: Céline Côté, Montréal (Québec), 3 octobre 2021]
  • Ensemble SuperMusique (ESM) / Aussi sur la photo: Bernard Falaise, Julie Houle, Mili Hong, Ida Toninato, Joane Hétu, Jean Derome, Jean-Christophe Lizotte, Jean René, Martin Tétreault / Ida Toninato: L’Atlas des films de Giotto — Musiques réelles pour films imaginaires, Espace orange – Édifice Wilder – Espace danse, Montréal (Québec) [Photo: Céline Côté, Montréal (Québec), 3 octobre 2021]
  • Ensemble SuperMusique (ESM) / Aussi sur la photo: Joane Hétu, Jean Derome, Ida Toninato, Jean-Christophe Lizotte, Jean René, Martin Tétreault / Ida Toninato: L’Atlas des films de Giotto — Musiques réelles pour films imaginaires, Espace orange – Édifice Wilder – Espace danse, Montréal (Québec) [Photo: Céline Côté, Montréal (Québec), 3 octobre 2021]
  • Ensemble SuperMusique (ESM) / Aussi sur la photo: Joane Hétu, Jean Derome, Jean-Christophe Lizotte, Ida Toninato, Jean René, Martin Tétreault / Ida Toninato: L’Atlas des films de Giotto — Musiques réelles pour films imaginaires, Espace orange – Édifice Wilder – Espace danse, Montréal (Québec) [Photo: Céline Côté, Montréal (Québec), 3 octobre 2021]
  • Ensemble SuperMusique (ESM) / Aussi sur la photo: Bernard Falaise, Julie Houle, Mili Hong, Jean René, Joane Hétu, Rémy Bélanger de Beauport, Jean Derome, Ida Toninato, Jean-Christophe Lizotte, Martin Tétreault / Ida Toninato: L’Atlas des films de Giotto — Musiques réelles pour films imaginaires, Espace orange – Édifice Wilder – Espace danse, Montréal (Québec) [Photo: Céline Côté, Montréal (Québec), 3 octobre 2021]
  • Ensemble SuperMusique (ESM) / Aussi sur la photo: Bernard Falaise, Gaëtan Gravel, Julie Houle, Mili Hong, Ida Toninato, Joane Hétu, Jean Derome, Jean-Christophe Lizotte, Jean René, Martin Tétreault / Ida Toninato: L’Atlas des films de Giotto — Musiques réelles pour films imaginaires, Espace orange – Édifice Wilder – Espace danse, Montréal (Québec) [Photo: Céline Côté, Montréal (Québec), 3 octobre 2021]
  • Martin Tétreault / 3: Magali Babin revisite Joane Hétu (2010) [Photo: Céline Côté, Montréal (Québec), 20 janvier 2021]
  • Magali Babin, Gabriel Dharmoo, Martin Tétreault / 3: Magali Babin revisite Joane Hétu (2010) [Photo: Céline Côté, Montréal (Québec), 20 janvier 2021]
  • Duo Érick d’Orion et Martin Tétreault en concert [Photo: Céline Côté, Montréal (Québec), 30 mai 2017]
  • L’Ensemble SuperMusique (ESM) interprète la pièce Résistances avec trois chefs: Jean Derome, Joane Hétu et Scott Thomson [Photo: Céline Côté, Montréal (Québec), 16 mars 2017]
  • L’Ensemble SuperMusique (ESM), sous la direction de Jean Derome, interprète la pièce Résistances [Photo: Céline Côté, Montréal (Québec), 16 mars 2017]
  • Ensemble SuperMusique (ESM): gauche à droite, 1e rangée — Danielle Palardy Roger; Guido Del Fabbro; Joshua Zubot; Jean René; Jean-Christophe Lizotte; Lori Freedman; Philippe Lauzier; Joane Hétu; Jean Derome; Cléo Palacio-Quintin — 2e rangée — Pierre-Yves Martel; Aaron Lumley; Vergil Sharkya’; Elizabeth Lima; Isaiah Ceccarelli; Bernard Falaise; Alexandre St-Onge; Corinne René; Gabriel Dharmoo; Martin Tétreault; Ida Toninato; Scott Thomson; Craig Pedersen; Géraldine Eguiluz — absente sur la photo: Kathy Kennedy [Photo: Céline Côté, Montréal (Québec), 8 avril 2016]

La presse en parle

Du bruit à la musique

Laure Henri-Garand, Le Délit français, 16 mars 2010

Le 10 mars dernier, le Goethe-Institut accueillait les Productions SuperMusiques, en collaboration avec la Saison Le Vivier et la maison de Disques DAME, pour un double lancement d’album de musique actuelle.

D’emblée, le concert s’annonçait intime: les quelques soixantedix sièges de la salle McLaren du Goethe-Institut, coin Sherbrooke et Saint-Denis, étaient occupés aux trois quarts quelques minutes seulement avant le début du concert. Un public d’initiés, à en juger par les conversations autour de moi –voilà ce qui arrive lorsqu’on se rend seule à un concert de musique actuelle– qui donnaient l’impression que tous se connaissaient. Intime aussi, la courte présentation de Danielle Palardy Roger, directrice musicale et artistique des Productions SuperMusiques, qui semblait s’adresser à des amis plutôt qu’à un public d’étrangers. Exit les grands discours, c’est la musique qui est à l’honneur ici, une musique qui défie toutes conventions et qui s’inscrit bien au-delà de l’expérience d’écoute traditionnelle. Car voilà le mandat de cet organisme à but non lucratif, fondé en 1979 par trois musiciennes (D. Palardy Roger, J. Hétu, D. Labrosse) aux parcours éclectiques: «promouvoir des musiques créées sans souci du commerce, des modes en vigueur ou des conventions académiques».

Divisé en deux parties, le concert faisait figure de lancement pour les deux ensembles invités, Nous perçons les oreilles, une formation composée de Jean Derome et Joane Hétu (aussi codirectrice des Productions SuperMusiques), ainsi que le duo formé par Ignaz Schick et Martin Tétreault.

Sans cérémonie, Derome et Hétu se sont installés sur la petite scène qui sert normalement de salle de cinéma pour interpréter l’intégrale de leur troisième album, Shaman, une pièce en douze sections d’une trentaine de minutes. Les deux musiciens, qui ont chacun un parcours musical impressionnant, utilisent en plus de leurs instruments respectifs (saxophones, flûte et voix) tout un éventail d’objets-instruments, permettant ainsi une combinaison de textures sonores que viennent mettre en valeur une écoute et une virtuosité évidente. Résultat: une ambiance étrange, faite de couinements et de clapotis presque surréalistes, dans laquelle les concepts musicaux traditionnels –harmonies, gammes, formes, etc.– sont complètements transformés, voire évacués.

Pour la deuxième partie, Ignaz Schick et Martin Tétreault avaient installé leurs tables tournantes (sans disques), ordinateurs portables et autres objets disparates sur deux longues tables au fond de la scène. Plus sobre, le duo a interprété quelques extraits de son dernier album, Live • 33 • 45 • 78, dans lequel il combine des matériaux bruts (bois, métal, plastique, papier…) à l’utilisation novatrice de la table tournante. Schick, qui vit à Berlin, et Tétreault, un montréalais, sont deux habitués de la scène électronique et ont chacun à leur actif un nombre impressionnant de contributions à divers groupes et festivals. Leur musique, pratiquement indescriptible, oscille entre le bruitisme et la musique d’ambiance, tantôt chaotique, tantôt syncopée, mais cherchant toujours visiblement à s’éloigner de tout terrain connu.

Malgré une expérience tout à fait intéressante, ce serait mentir que d’affirmer que ce type de musique est accessible à tous. En l’absence des repères traditionnellement associés à la musique (mélodie, rythme) l’auditeur non-initié se retrouve perdu. Et pourtant, l’expérience est enrichissante: elle impose une écoute nouvelle, et place l’auditeur hors du confort du système tonal et harmonique traditionnel. C’est, on en convient, le propre de la musique expérimentale.

… l’expérience est enrichissante: elle impose une écoute nouvelle, et place l’auditeur hors du confort du système tonal et harmonique traditionnel.