Noma

  • Montréal (Québec)
  • Interprète (ensemble)

Noma II, au volant de son modèle hybride, joue du syntonisateur comme s’il s’agissait d’un synthétiseur conçu pour le surf stylistique. En créant des arrangements ultra-serrés qui mettent en valeur la virtuosité du groupe, Walsh et ses associés ont développé un répertoire et un vocabulaire uniques dans la musique moderne.

Terre-Neuvien expatrié, pilier de la musique actuelle, en lice pour un National Jazz Award, Tom Walsh a fondé Noma à Toronto en 1989.

La musique de Noma est sournoise… D’abord un sextuor (2 guit. — 2 batt. — clav. — tromb.) torontois, par la suite Noma a grandi pour accueillir jusqu’à onze membres (3 guit. — 2 bas. — 3 batt. — clav. — anches — tromb.) de deux villes différentes: Toronto et Montréal.

Noma dégamme le jazz canadien. Arrivé rapidement à une reconnaissance «culte» au niveau national, Noma s’est développé à l’extérieur de la «boîte de Petri» de l’avant-garde canadienne, avec l’entrée au tableau du poète Michael Ondaatje, de la chanteuse Mary Margaret O’Hara (tous deux apparaissent sur l’album Climbing the Waltz) et de Richard Underhill (récipiendaire d’un prix Juno)… un tableau qui, avec le recul, semble avoir annoncé la culture dj moderne. En concert, certaines expériences de division du groupe en plus petites «cellules» ont donné lieu à deux mini-Nomas «scratchant» l’un avec l’autre!

Rappel de Noma: seuls les musiciens vivants peuvent nous procurer des sons réellement modernes… tout le reste est trafiqué! L’instrumentation même de Noma a fini par traduire la croissance «en spirale» du groupe, en devenant modulaire: compression/expansion…

La science de Noma marie Ornette Coleman avec Cecil Taylor… dans le laboratoire de Marshall MacLuhan… seulement au Canada, n’est-ce pas? Pourtant, dès 1994, les Américains Don Preston (Zappa), Bern Nix et Al MacDowell (Ornette Coleman) et Vinny Golia (ROVA Sax Choir) prenaient part aux explorations de Noma. Les racines canadiennes de Noma ont même donné naissance à de plus petits groupes alors qu’elles ont atteint le Québec à la fin des années 90.

En 2000, Noma s’est reconstitué sous la forme d’un double trio (guit., bas., batt. x 2 + tromb.) de sept musiciens exclusivement montréalais. Le cd Diversion, fraîchement paru (Ambiances magnétiques) témoigne des découvertes éprouvées de la formation actuelle. La voix est mûre; le jeu des musiciens est superbe…