Raymond Gervais

  • Montréal (Québec), 1946 – Montréal (Québec), 2018
  • Compositeur • Auteur

Raymond Gervais est un artiste dont l’œuvre allie l’installation, la vidéo et la performance. Il est à la fois musicien, auteur, homme de radio et il a contribué à l’avancement des connaissances en musique grâce aux chroniques qu’il rédige sur la musique et les arts visuels, notamment dans la revue Parachute. En tant qu’artiste, son importance historique et actuelle est frappante, mais trop souvent ignorée. Pourtant, il annonce cette intégration du sonore dans les arts plastiques et un intérêt pour les technologies du son si répandues dans de nombreuses pratiques aujourd’hui.

Issu d’une famille où la musique a toujours revêtu une importance manifeste, Raymond Gervais développera, et dès son jeune âge, un intérêt pour la chose sonore et cette fascination est l’un des leitmotiv qui marque son parcours artistique. On comprend pourquoi, en tant qu’artiste visuel, toute son œuvre est marquée par l’univers du son dans lequel il puise et construit des relations entre l’image et le texte. Dès lors, dans ses installations et ses performances où il combine à la fois des documents d’archives, des objets de la musique comme des tourne-disques, des radios et des pochettes d’album, il utilise ces éléments pour créer des mondes parallèles où l’interdisciplinarité prend toute son essence et où la musique sera présente quelle soit imaginée, matérialisée ou silencieuse. Gervais s’intéresse au monde musical tout autant pour sa dimension sonore, que pour l’aspect visuel des disques, leurs possibilités plastiques et oniriques. Rendre visible l’invisible, grâce à des œuvres comme celles consacrées au vent c’est induire le spectateur dans un état de rêverie éveillée.

Les œuvres de Raymond Gervais font partie des importantes collections de la Art Gallery of Hamilton, la Art Gallery of Ontario, le Musée d’art de Joliette, le Musée des beaux-arts du Canada, le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée d’art contemporain de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec.

À travers les années, Raymond Gervais aura également participé à des expositions majeures telles que: Aurora Boréalis (les Cent jours d’art contemporain de Montréal) 1985; Broken Music, (Musée d’art contemporain de Montréal) 1990; Roto-univers (Power Plant 1992); Seeing in Tongues (Helen and Morris Belkin Art Gallery) 1995; Le regard musicien (Musée d’art de Joliette) 1999; PHONO PHOTO, Carte grise à Raymond Gervais (Dazibao) 2001; Soundtracks: Re-Play (de la Edmonton Art Gallery et de la Blackwood Gallery) 2003; Are you talking to me? (Galerie de l’UQAM) 2003; Cut (Galerie Leonard et Bina Allen) 2006 entre autres.

Il est donc inconcevable de considérer l’art conceptuel canadien des trente dernières années sans évoquer l’œuvre majeure de Raymond Gervais. Depuis ses débuts et tout au long des années 1970, il n’a cessé de concevoir sa pratique comme un alliage entre une constante remise en question de ce qui constitue le disciplinaire et sa propre matérialité. Son travail de nature expérimentale questionne les frontières et se situe plutôt du côté de la pensée et du concept.

Son corpus comprend entre autres des installations et des œuvres comme:

  • 12 + 1 = (1976)
  • Où je suis (Musée des beaux-arts de Montréal, 1980)
  • 12 + 1 = (4) + 9 = (Musée d’art moderne, Biennale de Paris, 1980)
  • CapT (CIAC, Montréal, 1985)
  • Elementa Musicae (Musée d’art contemporain de Montréal, 1987)
  • Re: Henri Rousseau, le tourne-disque et la recréation du monde (Galerie Chantal Boulanger, Montréal, 1987)
  • Piano pour Samuel Beckett (1989)
  • En attendant Beckett (1995)
  • Claude Debussy regarde l’Amérique (1990)
  • Poème de l’air (d’après Marina Tsvétaeva, 1998)

Prix Ozias-Leduc 2010 de la Fondation Émile-Nelligan.

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