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Normand Babin, Montréalistement, April 14, 2012

Imaginons-nous à Montmartre un soir de printemps. Une soirée un peu dada, un chouïa poétique, mais surtout, le genre de soirée que vous voudrez un jour vous venter d’y avoir été.

Les Fables de la Breuvoir c’est un peu ça. Musique, à moitié écrite mais en partie improvisée. Des percussions tripatouillées par trois percussionnistes diplômés, des percussions détournées de leur usage habituel. Ah, la brosse à plancher qui gratouille la grosse caisse. Et que dire de cette cloche, celle qui cache et dévoile le plat que vous aller avoir en bouche dans ce restaurant trop trop chic, cette cloche donc, qui frotte langoureusement la caisse claire. Ah, j’oubliais peut-être l’archet qui servait à caresser les lames du vibraphones et les plaques du xylophone de majorette… Musique improbable donc. Mais musique en toile de fond d’un texte tout aussi déjanté. J’ai jouis d’entendre l’hommage à Gertrude Stein. A cow is a cow is a cow-cow. Oui, enfin c’est dit: «Gertrude est une vache». Et la narratrice mord avec avidité dans le mot “vache”. On saisit vraiment bien combien, bien vache est la vache. Plaisir raffiné que de vanner la bitch en chef que fut la Stein, et qui a laissé pour seul héritage culturel une toute petite phrase: “A Rose is a Rose, is a Rose, is a Rose”. Mais il y a aussi (surtout?) le vocaliste. Il répète, réinterprète, traduit, toujours dans une langue inconnue des mortels, le texte poétique tique tique tique. Frottements de langues, petits postillons, brrr, brrr, brrr, ploc ploc ploc. Higchtaotsinya… Le vocaliste est l’élément perturbateur et le plus hermétique de la place. Mais oh combien efficace. Le vocaliste est celui qui justifie toute cette histoire au fond. Il est la plus-value d’une aventure d’un soir. Celui au fait dont on se souviendra demain, sans trop comprendre pourquoi.

Vous n’avez rien de rien compris à ce billet? Bof, à vous de jouer! Moi j’ai aimé. Et je vous conseille plus que fortement. Reprises ce samedi à 16h, les Fables de La Breuvoir vous désaltérerons de votre soif de nouveauté. Vous ravirons de bonheur. 50 petites minutes de théâtre musical, d’envolée poétique, de douce folie. Pour de maigres 22$ vous ferez un voyages plus satisfaisant que celui que vous feriez sur n’importe quelle drogue. Et les souvenirs que vous en garderez seront plus heureux… Votre foi(e) préservé(e).

Moi j’ai aimé. Et je vous conseille plus que fortement.