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Alain Bénard, Le Journal de Montréal, October 28, 2000

Après sa première exploration du monde vocal contemporain le week end dernier, le Supermicmac se poursuit cette semaine avec plusieurs autres activités et concerts autour de la musique actuelle et improvisée au féminin.

Après le concert du Vancouver Improvising Ensemble of Women de ce soir c’est sous le thème de la relève avec ContemporElles que se poursuivra demain au Musée d’art contemporain cette manifestation hors du commun, Véronique Lacroix et l’Ensemble contemporain de Montréal y traçant un tableau des nouvelles tendances compositionnelles issues de la relève portant notamment les noms des Suzanne Hébert Tremblay, Estelle Lemire et Ana Sokolović.

Directrice musicale du Nouvel Ensemble Moderne, Lorraine Vaillancourt fera également partie de ce Supermicmac lors de deux événements d’importance. Dans le cadre de la nouvelle série de musique contemporaine de l’Orchestre symphonique de Montréal, la réputée chef d’orchestre québécoise dirigera le prestigieux ensemble montréalais dans un répertoire pour lequel elle est reconnue sur le plan international. Pour l’occasion, Lorraine Vaillancourt a choisi d’inaugurer la série OSM au présent par l’exécution d’œuvres de Michel Longtin, Philippe Boesmans, Michael Osterle et de George Benjamin. Soulignons que la soliste de cette soirée sera la soprano Louise Marcotte (Dialogues de carmélites, OdeM). Dans un deuxième temps, un volet de musique actuelle représentant le travail de création de quelques-unes de compositrices canadiennes les plus connues fera l’objet d’un autre concert. Lorraine Vaillancourt dirigera alors deux ensembles, soit l’Atelier de musique contemporaine de l’Université de Montréal et le NEM, qui exécuteront la musique de Michelle Boudreau, Chantal Laplante, Alexina Louie Isabelle Panneton et Micheline Coulombe Saint-Marcoux.

En matière d’exploration, le point de mire sur de grandes figures de la création au féminin s’articulera autour des œuvres de Pauline Oliveros, Magali Babin, Anne Bourne, Joane Hétu et Gayle Young. De ces compositrices-interprètes, on retrouvera Joane Hétu à la voix et au saxophone alto, Magali Babin à la guitare électrique et Anne Bourne à la voix et au violoncelle. Un des événements qui risque aussi d’attirer particulièrement l’attention est le théâtre musical intitulé Talk Show/Han n 17, de Marie Pelletier, dans une mise en scène de la chanteuse et comédienne France Castel. Cette performance sera placée sous la direction de Walter Boudreau.

Du côté des patenteuses et installatrices, un programme entièrement dévolu aux installations, ordinateurs et autres objets mettra en valeur les ressources parfois insoupçonnées de divers matériaux sonores. Diane Landry, Sarah Peebles, Hélène Boissinot et Sylvie Chenard, qui fondent en partie leur discours sur une appropriation des objets familiers et sur un arsenal sophistiqué de l’écriture d’avantgarde, miseront à plein sur les potentialités de l’inusité. Deux programmes de musique électroacoustique prendront la forme de soirées carte blanche à Chantal Laplante, qui a retenu un impressionnant parcours allant de Jenya à Hildegard Westerkamp.

Au sein de cette grande fête, le Quatuor Claudel s’inscrit quant à lui dans une veine esthétique plus «traditionnelle» en proposant des musiques pour quatuor à cordes de Murphy Smith, Goubaïdoulina, Taaffe Zwilich et Coulombe Saint-Marcoux.

Ce grand Micmac présente également une exposition dans le corridor de la Place des Arts de même qu’une série de tables rondes articulées autour de la création qui s’engage au féminin. La plupart des concerts ont lieu au Musée d’art contemporain.