Quartetski

Founded by Pierre-Yves Martel in 2007, Quartetski rethinks and reinterprets the works of great composers in an improvised setting. While staying true to the spirit of these composers, the ensemble uses the compositions as laboratories for sonic experimentation. Ecletic instrumentation and an improvised setting make for a left-field approach to chamber music, that melds styles to arrive at a sometimes chaotic, sometimes challenging and always captivating performance. Listeners familiar with the original compositions will find these experimental re-workings are surprising and exciting, and new ears will be just as engaged and entertained.

In the press

Pierre-Yves Martel – Quartetski et le loup (Bartók et Prokofiev dans le collimateur)

Marc Chénard, La Scena Musicale, April 1, 2017

Depuis son arrivée à Montréal en 2004, Pierre-Yves Martel a fait un son chemin. Armé d’une contrebasse et d’une viole de gambe, ce fils de la capitale nationale s’est pleinement intégré dans notre scène, son succès reposant sur sa polyvalence. D’une part, il s’est donné de la visibilité comme membre permanent de la formation Constantinople des frères Tabassian, groupe tous azimuts à la confluence de la musique persane et celles d’autres traditions. D’autre part, Martel s’est inséré dans le monde des musiques créatives, autant chez nous – par sa présence au sein du collectif Ambiances Magnétiques – que par ses associations avec des partenaires étrangers (v. référence discographique ci-dessous).

Autre corde à son arc, il dirige une formation au nom singulier, Quartetski, spécialisée en relectures audacieuses d’œuvres de ­compositeurs classiques. Au fil des ans, lui et ses complices se sont attaqués à des musiques de toutes les époques, commençant en 2006 par Prokofiev (le nom du groupe étant donc un clin d’œil à ce compositeur), puis suivis par Éric Satie, Henry Purcell, Tobias Hume, Igor Stravinski et, le dernier en date, Bela Bartók.

Début avril, il propose de présenter des extraits de Mikrokosmos, grand opus pour piano solo du célèbre Hongrois. Le concert reprendra les 29 miniatures figurant sur le disque le plus récent, retravaillées considérablement par l’ensemble. Mais Martel nous réserve deux surprises pour cette occasion.

«J’avais eu l’idée du concert pour marquer les dix ans de Quartetski, explique Martel, avant de faire une mise en garde: j’aurais bien pu reprendre mon premier projet, les Visions fugitives de Prokofiev, pour faire la boucle avec le Bartók, mais cela me semblait trop évident. Je me suis fixé sur une autre œuvre du compositeur russe, Pierre et le loup. Cependant, je vais utiliser le texte littéraire plutôt que la partition comme matière à créer une musique originale, démarche inédite pour mon groupe.»

Réservée pour la seconde partie de la soirée, cette pièce suivra une autre première avant l’entracte, celle-là intitulée Makrokosmos. Toujours selon Martel: «Après avoir repris Le sacre de Stravinski en 2013 à l’occasion du centenaire de sa création, je voulais me tourner vers quelque chose de moins massif, d’où mon choix des miniatures de Bartók. À celles-ci, je vais ajouter cette autre première, une pièce de plus longue durée et assez minimaliste dans ses matériaux, question d’explorer une autre avenue.»

Pour l’automne, Martel et ses acolytes reviendront à la charge avec leur projet le plus jazzistique: la musique de Duke Ellington, étirée dans tous les sens avec le concours de Martin Tétreault aux tables tournantes et vinyles assortis. On en reparlera sûr et certain.

Dernière heure: Josh Zubot, résidant désormais à Vancouver, sera remplacé par un autre violoniste, Guido del Fabro.

Armé d’une contrebasse et d’une viole de gambe, [Pierre-Yves Martel] s’est pleinement intégré dans notre scène, son succès reposant sur sa polyvalence.

Le Sacre… pour improvisateurs

Marc Chénard, La Scena Musicale, no. 18:5, February 1, 2013

Si vous ne le savez pas déjà, cette année marque le centenaire de la première du Sacre du Printemps (29 mai au Théâtre des Champs-Élysées de Paris). Des nombreux hommages prévus, un se détachera du lot, en l’occurrence celui de l’ensemble Quartetski au prochain festival Montréal Nouvelles Musiques (MNM). Dirigé par Pierre-Yves Martel (spécialiste en instruments baroques telle la viole de gambe), cet ensemble se distingue par sa manière de conjuguer des répertoires classiques à l’actualité des musiques improvisées. Après avoir «revisité» Prokofiev, Satie, Purcell et Hume, il aborde maintenant son projet le plus ambitieux à jour. Pour son édition précédente, en 2011, le festival avait tendu la perche, mais Martel n’avait rien de concret à offrir. Déléguée par le festival à la programmation d’un volet de musiques créatives, Joane Hétu (voir une critique de son disque dans ce numéro) l’a relancé. Pour Martel, le choix s’imposait de soi: travaillant à partir de la version pour deux pianos et une étude subséquente de la partition orchestrale, il a décidé d’extraire des passages qui serviront comme tremplins à des séquences improvisées ouvertes. Pour cette première, le chef remaniera sa formation, conservant son batteur et son joueur d’anches, mais en remplaçant la trompette par un violon (Josh Zubot) et ajoutant une guitare (Bernard Falaise). Le Sacre n’aura jamais sonné aussi différemment que dans les mains de ce… Quintetsky (sic)!

Le Sacre n’aura jamais sonné aussi différemment que dans les mains de ce… Quintetsky