What the press says

In the press

Heard and Seen. Fimav Returns to Form

Kurt Gottschalk, Coda Magazine, no. 334, July 1, 2007

[…] Weaving is right up there with painting and sports as hackneyed clichés for describing music, but Joane Hétu’s Filature took a tight focus on each thread and every tie in her tapestry. The piece, performed with Montréal’s Ensemble Supermusique, was based on her time spent as a fabric colourist, and effectively displayed her personal sense for composing and arranging and for turning nostalgic memories into music. Pierre Hébert’s real time video manipulations, tight shots of cloth and twine, supported Hétu’s musical vison well. […]

24th Annual Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville

Bruce Lee Gallanter, Downtown Music Gallery, June 1, 2007

[…] The final day began with a wonderful set by Joane Hétu’s Ensemble SuperMusique called Filature. Joane Hétu runs the great label from Montréal, Ambiances Magnétiques. Her longtime partner is Jean Derome and both of them play alto sax, do vocals and compose at length. Both Joane and Jean consistently release excellent, diverse discs on Ambiances Magnétiques and I always look forward to any project that either works on. Just about every year, someone from this label (like Diane Labrosse, Normand Guilbeault, Danielle Palardy Roger or Pierre Tanguay) does something special up at Victo. Filature is Joane Hétus most ambitious project yet and it will take a while to absorb its many layers of ideas. It featured ten musicians, five women and five men with Pierre Hébert doing video projections. Joane refers to it as sound/theatre and that sounds right. Joane was once a weaver before concentrating on becoming a musician and the theme of weaving is the central thread throughout this work. The first part is called The Warp and featured the five men on alto sax or flute, violin, trumpet, contrabass and drums. The music was an exquisite blend of lovely harmonies, short drones, acappella vocal sections and haunting music. The video images were of a single tree branch with some occasional growth. The second part, The Weft featured the five women musicians on violin, cello, flutes, sampler, percussion & alto sax. Most of the women contributed charming vocal sounds along with their contemplative, cinematic music, sometimes sparse but always enchanting. The third and final part was called The Pattern and it featured all ten musicians. It began with just a few repeating notes and evolved through different grooves and sections. I love the way the vocals and instruments shared stunning harmonies with each other. Joane has a gift for breaking up the melody and having different members share their lines so that whole band sounds like one refined tapestry of sound. It reminded of the superb magic-music that Fred Frith’s Keep the Dog used to play and yes, Jean Derome was an integral part of that band many years ago. The images of twine, knots, rope, faces and hands connected with the music just right. It was a marvelous set and I can’t wait for it to be released on disc! […]

Joane has a gift for breaking up the melody and having different members share their lines so that whole band sounds like one refined tapestry of sound.

La fibre musicale

Réjean Beaucage, Voir, March 16, 2006

Joane Hétu boucle la boucle en retrouvant ses racines de tisserande pour fabriquer une véritable courtepointe où s’entremêlent théâtre, vidéo, danse et musique actuelle.

À première vue, l’analogie entre un spectacle et un métier à tisser n’est pas évidente. Pourtant, les musiciens en conviendront aisément, eux qui doivent constamment mêler les textures et les couleurs, et répéter, toujours, des gestes pourtant chaque fois différents. Cent fois sur le métier…

Joane Hétu, qui fut tisserande avant d’être saxophoniste, improvisatrice et directrice de la plus grande maison de disques de chez nous se consacrant exclusivement à la musique actuelle (Distribution Ambiances Magnétiques Etcetera, ou DAME), a choisi de se réapproprier ce passé refoulé en utilisant métaphoriquement, pour la conception d’un spectacle de «théâtre sonore», les gestes des fabricants de tissus. «C’est du théâtre, explique-t-elle, dans le sens où il y a du texte, des costumes, et parce que l’on est en résidence à l’Usine C durant 10 jours, ce qui nous donne l’occasion de faire beaucoup de répétitions, comme une troupe, mais tout part de la musique. Et puis, pour une fois, j’ai l’impression de donner à ma musique les moyens du théâtre, avec un concepteur d’éclairages (Guillaume Bloch), un concepteur sonore (Bernard Grenon), un autre aux images vidéo (Pierre Hébert) et encore un aux costumes (Louis Hudon), avec deux danseurs (Daniel Soulières et Severine Lombardo) et un ensemble de dix musiciens.» La totale, quoi!

La saxophoniste et chanteuse, à cause de son poste chez DAME, qui l’occupe passablement, n’a pas l’occasion de jouer autant qu’elle le voudrait, et cette frustration lui a même donné ces dernières années l’envie d’arrêter la musique complètement. «Un soir, j’ai eu un flash et je me suis dit que j’allais redevenir tisserande… Mais ce n’était qu’un flash. Cependant, comme je ne passe pas mon temps à imaginer de nouveaux projets musicaux, j’ai le temps de les approfondir et le petit flash, resté dans mon subconscient, est revenu et s’est imposé à mon processus créatif.»

Imaginez un métier à tisser: les fils verticaux sont «la chaîne», les fils horizontaux forment «la trame», et l’entrecroisement des deux compose «le motif». Joane Hétu a utilisé ce modèle pour élaborer le plan de son spectacle: «Et en plus, je l’ai sexué! La chaîne, c’est le quintette d’hommes (Guido Del Fabbro, Jean Derome, Normand Guilbeault, Pierre Tanguay et Nemo Venba) et le danseur; ils jouent tout le temps, des sons tenus, parce que les fils de chaîne sont stables, ils sont attachés au métier et ils doivent être solides. On ne prend pas de la petite fibre de fantaisie pour la chaîne, mais du coton, du lin, de la laine ou de la soie; du solide. Pour la trame, par contre, tu peux utiliser tout ce que tu veux, et le varier. Ma trame, le quintette de femmes (Mélanie Auclair, Claire Gignac, Joane Hétu, Diane Labrosse et Danielle Palardy Roger) et la danseuse, sera donc composée de 25 variétés de «fils» - c’est un jeu complètement différent de l’autre. Dans le troisième acte du spectacle, les deux se rejoignent. Il ne s’agira pas d’une simple superposition, mais c’est l’idée. C’est un spectacle dans lequel il y a très peu d’improvisation, parce qu’on ne peut pas tisser en improvisant…»

Et on retrouvera ça sur disque? «C’est là que passent mes dernières économies! J’enregistre les trois soirs et j’en filme deux, pour un éventuel DVD. Après tout, je n’ai rien sorti depuis quelque temps, et puis… j’ai une compagnie de disques!»

Joane Hétu: «Pour une fois, j’ai l’impression de donner à ma musique les moyens du théâtre».

Pour une fois, j’ai l’impression de donner à ma musique les moyens du théâtre

Joane Hétu: A superwoman weaves Supermusique

Mike Chamberlain, Hour, March 16, 2006

Featuring 10 musicians, two dancers, costumes, sound, lighting and visual artists, Joane Hétu’s latest project, Filature (which will be performed tonight, tomorrow and Saturday at Usine C), is an ambitious one, perhaps the most ambitious in the history of Productions Supermusique.

The large composition is based on Hétu’s experience as a weaver and her knowledge of how fabric is put together. The piece will be presented in three acts. The five male musicians (Jean Derome, Guido Del Fabbro, Normand Guilbeault, Pierre Tanguay, Nemo Venba) and the male dancer, Daniel Soulières, represent the warp (horizontal) yarn, which Hétu emphasizes is composed of strong, noble fibres. The five female musicians (Hétu, Mélanie Auclair, Claire Gignac, Diane Labrosse, Danielle Palardy Roger) and the female dancer, Séverine Lombardo, represent the weft (vertical) yarn, which is soft and flexible. In the concluding act, the 10 musicians and two dancers come together on stage to blend the music and textures of the first two acts into the whole fabric.

Hétu is somewhat evasive when asked to translate the metaphor into a description of the music, other than to state that the warp sequence consists of sustained sounds and repeated sequences, while the weft is composed of tones, moods and dynamics.

The project represents a connection between Hétu’s past life and interests and those of the present. For one thing, these days she finds herself more interested in compositions and projects based on conceptual themes and less on improvisation. Also, she says, as she gets older she has become interested in reconnecting with her past. Finally, Filature brings together artists with whom she’s worked for 20 years or more (Derome, Labrosse, Palardy Roger, Tanguay, Guilbeault), and younger performers such as Guido Del Fabbro and Séverine Lombardo, which also, to extend the metaphor, weaves different generations together.

But we don’t want to stretch the metaphor to the breaking point, or wear it out, because, as Hétu says, “it all comes down to the music.”

Le tissage musical de Joane Hétu

Frédérique Doyon, Le Devoir, March 15, 2006

Dans les années 70, avant de devenir la musicienne qu’on connaît, Joane Hétu était tisserande. Une autre vie, qu’elle a longtemps reniée. Dans une période de doute et de désenchantement par rapport aux exigences d’une carrière en musique de création, elle a avancé l’hypothèse un peu farfelue d’un retour au métier de tisserand. Ainsi est née Filature, une œuvre pour dix musiciens et deux danseurs truffée d’images vidéo et d’éclairages.

«J’ai revécu tous les gestes que je faisais dans le tissage, raconte-t-elle. Dès ce moment, c’est devenu clair que je voulais exprimer le fil qu’on monte sur un métier et celui qu’on passe à travers pour créer le tissu.» Elle a donc créé un théâtre sonore en trois actes — la chaîne, la trame, le motif —, plus construit, moins basé sur l’improvisation que d’habitude.

«Pour une fois, j’ai eu la volonté de faire comme dans le théâtre: avec plus de répétitions, une conception d’éclairages, deux danseurs. J’ai appelé ça "théâtre sonore" parce que je voulais partir du texte, de la partition musicale; les autres éléments allaient s’y rattacher.»

Joane Hétu évolue sur la scène canadienne des musiques actuelles depuis 25 ans. D’abord versée dans le rock déjanté des formations Wonder Brass, Justine et du trio Les Poules, elle s’est tournée vers un travail de composition plus abstrait, alliant textures sonores, texte et voix. Membre d’Ambiances magnétiques et présidente de la maison de disques DAME, elle a toujours aimé faire interagir différentes disciplines. La compagnie de concerts Productions SuperMusique, qu’elle codirige avec Danielle Palardy Roger et Diane Labrosse, a notamment conçu en 2002 la superbe fresque multimédia Each… and Every Inch, sur la vie et l’œuvre de l’écrivaine canadienne Elisabeth Smart. Pour ses 25 ans, SuperMusique a décidé d’accorder une part importante de son budget à la création d’une production plus importante. C’est au tour de Joane Hétu de piloter la sienne…

L’esprit du tissage a ainsi déterminé la structure de Filature. Le premier acte ne met en scène que les créateurs-interprètes masculins — Guido Del Fabbro, Jean Derome, Normand Guilbeault, Pierre Tanguay, Nemo Venba et le danseur Daniel Soulières; le second acte, que les femmes — Mélanie Auclair, Claire Gignac, les trois codirectrices de l’Ensemble SuperMusique et la danseuse Séverine Lombardo.

«Le fil de chaîne se doit d’être noble, il faut que la fibre soit solide, rappelle la tisserande. Le fil de trame peut être de toutes sortes de qualité, métallique, en velours, etc. J’ai répertorié 25 textures que j’ai transposées musicalement.» Tout ce beau monde se retrouve au troisième acte pour mettre en scène cet entrelacs de générations d’artistes, de musiques, de voix (des chansons écrites par Joane Hétu), de mouvements et d’images signées par le réalisateur Pierre Hébert.

La vie est ainsi faite de hauts et de bas qui se nourrissent mutuellement. Quand le fantasme d’abandonner la musique a effleuré son esprit, Joane Hétu y a puisé l’essence même du plus imposant projet de sa carrière. «C’est quelque chose d’avoir une aussi grosse équipe. Ça arrive à point dans ma carrière. C’est la pièce qui représente le plus mon univers musical.»

Joane Hétu’s Filature: Theatre of Sound

Paul Serralheiro, La Scena Musicale, no. 11:6, March 1, 2006

The role of music in the theatrical arts is usually a secondary one, used to highlight dramatic action or inspire a choraographer’s vision. Music seems mone abstract than words or gestures to most people. With her latest creation, Filature, premiered this month at Usine C, musique actuelle composer, vocalist and improvising saxophonist Joane Hétu sets out to show the theatrical potential of music and how other arts can be put to its service.

During a recent conversation held at the offices of Ambiances Magnétiques, of which she is the label’s chief adminstrator, Hétu explained her vision as being inspired by the art of weaving, once an occupation of hers. “Musique actuelle is a hybrid form, born of mixing disparate things. Weaving has similar principles — the craft involves mixing various threads to create a pattem, a pleasing artistic form.”

In this “Théâtre sonore” of hers, the threads are the instrumental “voices” of the musicians, with counterpoint provided by a pair of dancers, and important visual components including costumes, lighting and video projections. Still, the musicians are at the heart of this project, a point Hétu further elaborates upon. “I have to know who I’m writing for. I’m not just writing for a particular instrument — it starts with a particular musician.” The work is dividad into three acts, each based on a principle of weaving: Act I is titled Chaîne, Act II Trame and Act III Motif, weaving terms that translate as “warp”, “weft” and “weave”. “In the opening act, male musicians are on stage with a male dancer, followed by an all-female cast in Act II and all 10 musicians share the stage in Act III, their lines interweaving with each other’s. Most importantly, everything grows out of the music.”

Even if there are improvised parts, Hétu hastens to add, “The music is mostly written, with the visuals borne out of the music.” In this way, the contributions of video artist Pierre Hébert, lighting designer Guillaume Bloch, costume designer Louis Hudon and sound engineer Bernard Grenon are all in keeping with the music. “So this is a turning of the tables, at least with respect to what usually happens with music and other performing arts,” explains Hétu.

The musical component will be handled by some of musique actuellets best know characters, among them Jean Derome, Diane Labrosse, Pierre Tanguay and Normand Guilbeault, the featured dancers being Daniel Soulières and Séverine Lombardo. “We’re working with textures,” Hétu reminds us, “but the underlying structure behind these are the music. Always.”

Musique actuelle is a hybrid form, born of mixing disparate things. Weaving has similar principles — the craft involves mixing various threads to create a pattem…

Sonic Voyageurs

Alexander Varty, The Georgia Straight, October 20, 2005

Montréal is just a five-hour flight away, but the cultural capital of Francophone Canada can sometimes seem as remote as Antarctica. West Coast residents know the city as the home of relaxed liquor laws, good restaurants, and great delis, but we’re rarely exposed to the music that’s made there—and that’s almost entirely because most of it, whether pop, rock, or contemporary classical, is not sung in English.

North America’s largest French-speaking city is home to a thriving music industry and a club scene that we can only envy, but connecting with them seems difficult, thanks to the barrier of language. It’s ironic, then, that one of Montréal’s lesser-known contributions to the world of sound might end up being Vancouver’s entrée to Quebec’s musical life. Musique actuelle—a hybrid style that emerged in Montréal during the mid-1980s—is a largely instrumental form, so unilingual Vancouverites need not be scared off by incomprehensible texts. And although the idiom is so all-embracing that it’s hard to define, it’s animated by the kind of exploratory spirit that’s drives Vancouver groups like Talking Pictures and the Hard Rubber Orchestra. So it shouldn’t be that difficult for B.C. ears to appreciate Montréal’s sonic explorers, and we’ll get a chance to do just that this week, thanks to the Vancouver New Music Society’s Interférence: Statique X Statique festival.

Although the event, which runs at the Scotiabank Dance Centre until Saturday (October 22), features non-Francophone artists such as the U.K.’s Fred Frith and Janek Schaeffer, most of the performers hail from Quebec, and many of them, like Diane Labrosse, are 20-year veterans of the musique actuelle scene. Nonetheless, the otherwise charmingly articulate keyboardist still finds it difficult to explain what it is, exactly, that her chosen style includes—and that, it seems, is not only a linguistic issue.

“It’s a hard thing to do, describing a music that’s so broad,” Labrosse says, on the line from her Montréal home. “Of course at first there was progressive rock, and then improv came along, and then came the idea of putting together different styles of music. Some musicians began to draw on the roots of jazz, and also using more traditional or folkloric stuff, and then putting all of this together to make a new hybrid of music, which we called musique actuelle. We even find these different direct references within the same piece.”

The style’s name, like the music itself, contains a wealth of inferences and possibilities. Its sounds are “actuelle” because they’re real music made by real musicians, as opposed to machine-made, bottom-line-driven pop, but also because they reflect the kaleidoscopic reality of today’s media environment. The argument Labrosse makes is that few people confine their listening to just one genre, so why should musicians suffer self- imposed limitations on what they play?

Her own career reflects this wide-open attitude. She’s written scores for dance, penned twisted avant-pop tunes, worked extensively with sample-based music, and performed with a global array of free improvisers. And in her Thursday-night concert at the Dance Centre, she’ll move a step or two toward abstract sound, in the company of multimedia artist Jean-Pierre Gauthier.

“Jean-Pierre is more known in the visual arts,” Labrosse notes. “He started out as a sculptor, a visual artist, and then he started to make some sound sculptures. This is where we got involved together quite a few years ago, maybe in 1998 or 2000 or whatever. We did a project where he was working with rubber tubes and compressors and bird whistles, things of that nature, so it was a noisy kind of culture. That started him doing shows, or doing performances; before that he was more of a sound installer, working in galleries and things like that. But he’s always done very fine work, juxtaposing visual and audio stuff.”

Labrosse reveals that she doesn’t yet know what Gauthier will be bringing to their Interférence show. “He told me that it’s very small, and that it’s something that he’s made, and that it varies from one performance to another.”

With that in mind, she’s readying herself for a performance that will be improvised from start to finish, as will several of the other bookings that Vancouver New Music artistic director Giorgio Magnanensi has arranged for his festival. Following Labrosse on Thursday will be the cross-country quartet of Pierre Tanguay, Bernard Falaise, Dylan van der Schyff, and Ron Samworth, a group she describes as well worth hearing.

“It’s a double-duo sort of thing: two drummers that work in a similar fashion, and two guitarists that also work in a similar fashion,” she explains. “But everybody’s very different and has a real personality. I saw this band in Montréal, and it was quite a nice concert.”

Friday night (October 21) features performances by sound artist Magali Babin and saxophonist Joane Hétu, followed by Klaxon Gueule, a trio that includes guitarist Falaise, percussionist Michel F Côté, and pianist Alexandre St-Onge. Like Labrosse’s collaboration with Gauthier, both of these ensembles patrol the grey area between sound sculpture and more conventional forms of improvisation, a zone that increasingly draws practitioners of musique actuelle.

“You start with finding new sounds on your guitar or your bass or your drums,” Labrosse notes. “And you move from there to adding effects, and then to [computer-based] processing, or even to building your own instruments.”

Fittingly, then, Interférence’s musique actuelle survey will conclude on Saturday with Morceaux_de_Machines, an abrasive and intense collaboration between sound designers Aimé Dontigny and Érick d’Orion that has earned comparisons to noise innovators Einstürzende Neubauten and Otomo Yoshihide.

It seems that the Montréal-born idiom known as musique actuelle really is capable of embracing almost everything from the minimalist gestures of Babin and Hétu to the ear-scorching aural firestorms of Dontigny and d’Orion. Close observers of the Vancouver scene will note that our own creative musicians are capable of a very similar range of styles; perhaps the gulf between East and West, between Francophone and Anglophone, is narrowing at last.

… the Montréal-born idiom known as musique actuelle really is capable of embracing almost everything from the minimalist gestures of Babin and Hétu to the ear-scorching aural firestorms of Dontigny and d’Orion.

Dix ans, déja une grande DAME

Philippe Renaud, La Presse, November 27, 2001

«La preuve est là: DAME n’est pas éphémère, lance avec conviction Joane Hétu, musicienne et directrice de cette entreprise de distribution au service de la musique actuelle québécoise. Nous avons créé un vrai langage, une vraie démarche. Regarde les maisons de disques: ça ouvre, ça ferme, c’est instable. Nous, on garde le cap depuis 10 ans!» En effet, la preuve est irréfutable: après 10 ans d’activité, le label et distributeur indépendant DAME (l’acronyme de Distribution Ambiances Magnétiques Etc.) affiche 160 disques au compteur. Vous avez bien lu: 160 albums, ça fait en moyenne… 16 disques par année (rééditions incluses), dont quelques classiques qui ont franchi le cercle des initiés. Comme les excellents Le Trésor de la langue de René Lussier, par exemple, ou Au royaume du silencieux des Granules (Jean Derome et René Lussier). Aucune autre étiquette d’ici ne peut prétendre à un tel résultat, tout en assurant un niveau de qualité exceptionnel.

Il reste que même après 10 ans, Joane Hétu croit avoir encore à «défendre la discipline, à faire du développement de marché». Rien n’est facile pour ce genre musical qui n’en est pas vraiment un. Ou plutôt, qui est un sacré fourre-tout: la musique actuelle se définit beaucoup par sa démarche, totalement libre, où l’improvisation tient lieu de moteur créatif. En clair, on range l’inclassable sous la casquette de la musique actuelle.

«On se retrouve on the edge, explique Joane Hétu. On n’est pas enseigné à l’école, on ne fait pas partie de l’establishment, et l’industrie ne nous considère pas vraiment. Mais on fait partie de la souche populaire car nos influences sont issues du rock, du jazz, du pop, du folk… C’est une musique de jonctions, de mélanges, un son hybride qui peut être à la fois très accessible et très pointu. On vient tous des musiques populaires mais on a poussé plus loin notre pensée musicale.»

Cela dit, si la directrice de DAME pense avoir passé par une espèce de purgatoire ces dernières années, l’avenir semble plus rayonnant.

«J’ai l’impression qu’on connaît un renouvellement de notre public. Je sens vraiment que le vent vient de tourner: l’écoute des gens a changé en 10 ans. Par exemple, il y a 15 ans, tu faisais jouer un ruban à l’envers et c’était drôlement perçu… Aujourd’hui, il y en a partout dans la pop, les musiciens se sont mis à ce genre de choses. Les voix dans les mégaphones, même Britney Spears fait ça aujourd’hui. De plus, ces dernières années, la démocratisation des moyens d’accès à la production audio fait qu’on accepte le bruit comme plaisant à l’oreille. On accepte plein de choses qui ne faisaient pas partie de la musique auparavant.»

Ainsi, pour montrer la persévérance du collectif d’étiquettes qui forment DAME - Ambiances magnétiques, Monsieur Fauteux m’entendez-vous? (label de la Fanfare Pourpour), OHM Éditions (de Québec) et AMIM -, on s’apprête à mettre sur le marché pas moins de neuf nouveaux albums, juste à temps pour les célébrations du dixième anniversaire.

À partir de ce soir, et jusqu’au 1er décembre, les curieux et les amateurs de musique débridée pourront célébrer gratuitement la Super Boom de DAME au Théâtre La Chapelle. «On a décidé d’offrir les soirées gratuitement parce qu’on voulait que les gens achètent les disques», indique sans gêne Joane Hétu, en précisant que les spectacles d’environ 40 minutes (il y en a au moins trois par soirées) seront aussi le reflet des albums lancés simultanément.

Ces cinq soirées thématiques, qui se présenteront sous la forme de cartes blanches, regrouperont plus d’une quarantaine de musiciens en 14 spectacles. Trois soirées seront dédiées à Ambiances Magnétiques (soirée Bruitisme, Musique improvisée et Nouvelles Musiques d’ensemble), l’une à la jeune étiquette Monsieur Fauteux m’entendez-vous? et l’autre à OHM Éditions, label de Québec versé dans la musique électronique électroacoustique. Et en plus, on vous offre gratuitement une compilation DAME - SuperBoom, avec 33 extraits de parutions récentes.

Passion et organisation

Une décennie de vie pour une entreprise dédiée à la musique actuelle, au Québec, pourrait nous faire croire au miracle. Pourtant, il n’en est rien: il faut seulement une bonne dose d’organisation et beaucoup de passion, assure Joane Hétu, rencontrée dans les bureaux de DAME, avenue de Lorimier.

Selon elle, le fonctionnement de DAME diffère beaucoup de ce que l’on connaît dans d’autres structures du disque: «Ce qui a été bon, c’est l’idée de réunir tous ceux qui faisaient de ce genre de musique. À la longue, les disques des uns faisaient connaître les disques des autres. Puis, on a mis sur pied un bon réseau de distribution international. C’est surtout ça qui nous a maintenus en vie.»

La saxophoniste et compositrice ne cache pas que le Québec n’est pas son premier marché. Depuis 10 ans, ses disques se sont toujours vendus davantage en Europe, aux États-Unis ou même au Japon qu’ici. «Cette musique est structurée en un réseau de distributeurs, de salles, de revues (comme le magasine anglais Wire, qui critique régulièrement les parutions de DAME), de radios….»

SuperBoom, c’est pour la fête, mais aussi pour faire mentir l’adage voulant que nul ne soit prophète en son pays. «Pour moi, assure Joane Hétu, DAME reste un catalogue de musique québécoise. Ça fait partie du folklore. Ce sont tous des créateurs d’ici, toujours vivants, qui font de la création teintée de chez nous. En comparant notre musique, on l’entend, ça sonne québécois, il y a des racines.»

Nous avons créé un vrai langage, une vraie démarche.