Pierre Hébert

  • Visual artist (video)

Il fait des études en anthropologie, se spécialisant en archéologie nordique, tout en réalisant quelques films artisanaux gravés sur pellicule (Histoire verte, 1962; Histoire d’une bébite, 1962). En 1964, il réalise Opus 1, court-métrage préfigurant ses premiers films professionnels: il y explore le phénomène de la persistance rétinienne, ce qu’il continuera d’expérimenter jusqu’à Around Perception (connu en français sous le titre Autour de la perception).

En parallèle, il est l’un des rédacteurs de la revue de cinéma Objectif, où il écrit notamment à propos des premiers films de Jean Pierre Lefebvre.et de Jacques Leduc.

De 1965 à 1999, Hébert est à l’emploi de l’Office national du film du Canada, où il a d’abord travaillé au studio d’animation de la Production anglaise. Les premiers films qu’il y réalise s’inspirent de la musique sérielle (Op Hop — Hop Op, Opus 3) et peuvent être rattachés à la veine du cinéma structurel. Il signe en 1968 un film didactique singulier, Explosion démographique, dont le titre original anglais est Population Explosion et pour lequel il collabore avec le musicien de jazz Ornette Coleman. En 1969, il passe à la Production française où il sera brièvement producteur, de 1970 à 1971. Hébert retourne ensuite à la réalisation jusqu’en 1996.

De 1974 à 1982, il tourne une trilogie inspirée de la dramaturgie de Bertolt Brecht, composée de Père Noël ǃ Père Noël ǃ (1974), Entre chiens et loup (1978) et Souvenirs de guerre (1982). Techniquement, ces films sont caractérisés par l’utilisation d’éléments découpés, de gravure sur pellicule à des fins narratives (sauf pour le premier film de la trilogie) et par l’emploi de séquences de prises de vues réelles1. En 1996, il devient directeur du studio animation-jeunesse du Programme français. À la fin de 1999, il quitte l’ONF et devient artiste indépendant4.

Dans les années 1980, après Souvenirs de guerre, Pierre Hébert réalise des films à partir de collaborations et d’improvisations avec d’autres artistes. Il conçoit, quelques années plus tard, les performances de gravure sur pellicule en direct. Au début des années 2000, toujours dans le cadre de ces performances, il remplace la gravure sur pellicule par un dispositif de dessin numérique.2 Dans la performance Balade sur Blinkity Blank, donnée avec le compositeur italien Andrea Martignoni, l’artiste revient à la gravure sur pellicule en combinant celle-ci avec le dessin numérique.

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