What the press says

In the press

En bref - Escale artistique au Vieux-Port

Le Devoir, September 23, 2005

Demain et dimanche, la deuxième édition des Escales improbables prend d’assaut le quai King Edward du Vieux-Port de Montréal.

L’événement éclectique conjugue cette année autant de disciplines diverses que le théâtre de marionnettes, le chant lyrique, le cinéma et surtout la musique. Des musiciens-performeurs interprètent des œuvres du compositeur Michel Smith à partir de machines-instruments ambulants. Nicolas Brault fait tomber des baleines du ciel dans un film-conte animé. Jean Derome et SuperMusique proposent une expédition de canot-camping allégorique le long d’une rivière imaginaire. Les côtes gaspésienne et italienne se croisent dans Cargo, théâtre d’image et de marionnettes. On découvre ces performances extravagantes et audacieuses en déambulant au bord du fleuve, comme une invitation au voyage.

Un quart de siècle de laboratoire pour l’Ensemble SuperMusique

Alain Brunet, La Presse, April 1, 2005

Partitions grattées, coupées, collées, remixées, transformées. Un quart de siècle de relecture constitue le corpus de Palimpseste d’orchestre, concert commémoratif prévus ce soir et demain à l’Usine C.

Pour célébrer les 25 ans des Productions SuperMusique, les directrices artistiques Joane Hétu (saxophone), Diane Labrosse (échantillonnages numériques) et Danielle Palardy Roger (percussions) ont conçu ces concerts-événements afin de rendre compte du travail accompli par les groupes Wondeur Brass, Les Poules, Justine et de l’Ensemble SuperMusique dont elles sont les membres fondatrices. Assistées des membres de l’Ensemble SuperMusique, elles comptent y évoquer les tendances fortes de la musique actuelle telles que mises de l’avant depuis 1979.

Qui plus est, les trois œuvres au programme de ce Palimpseste d’orchestre nous feront vivre une expérience acousmatique: la musique interprétée sur scène par l’Ensemble SuperMusique sera traitée en direct par les sonorisateurs Bernard Grenon et Martin Léveillé, spatialisée par l’électroacousticien Jean-François Denis. Ambitieux concept, en somme, d’autant plus que l’Ensemble des trois musiciennes puise parmi les meilleurs éléments de la musique dite actuelle: les percussionnistes Pierre Tanguay et Michel F Côté, le contrebassiste Pierre Cartier, le guitariste Bernard Falaise, Martin Tétreault aux tables tournantes, Jean Derome et Laurie Freedman aux instruments à vent.

«Pour commémorer ces 25 ans, explique Danielle Palardy Roger, nous nous sommes donné carte blanche. Diane Labrosse est remontée jusqu’aux tout débuts de Wondeur Brass à l’époque où on a commencé aux Clochards Célestes (les actuelles Foufs), bien qu’elle ait aussi pigé dans un répertoire plus récent. Joane Hétu, elle, a entrepris de créer une seule pièce à partir de 20 miniatures d’une minute. Ces minutes comprennent aussi des éléments de ses propres projets tels Castor et compagnie ou Nous perçons les oreilles. Pour ma part, j’ai repris six pièces créées au cours de cette période, de la fin de Justine au premier répertoire de Wondeur Brass.»

On s’en doute bien, il est hors de question de livrer sur scène un décalque du passé.

«À l’époque, raconte Danielle Palardy Roger, nous n’écrivions pas la musique, nous n’avions pas de partitions. Il nous a donc fallu relire le matériel à partir des enregistrements. Par exemple, j’ai repris les pièces en dictée pour ensuite créer des partitions à partir des lignes développées par chaque instrumentiste. Mais il y a des différences évidentes avec les livraisons originelles; nous partons d’une base assumée par les trois créatrices, on fait ensuite évoluer le matériel.»

Non seulement l’ensemble SuperMusique s’appliquera-t-il à faire évoluer ses classiques, mais encore la diffusion des sons sera magnifiée ici et maintenant.

«Il s’agit aussi d’un projet de spatialisation acoustique. L’Ensemble sera assez éloigné du public, il sera amplifié par une façade stréréo conventionnelle, mais le public sera entouré de 12 enceintes mettant en relief des éléments sonores précis. En fait, la livraison sera beaucoup plus proche de la musique telle qu’on la pratique maintenant.»

Un quart de siècle de laboratoire, donc, ça se fête en grand. Danielle Palardy Roger ne se fera pas prier pour évoquer quelques souvenirs en ce sens.

«Nous étions dans une mouvance créatrice en théâtre, en arts visuels et en musique, mais c’est surtout de la musique qu’on voulait faire. Nous formions un groupe iconoclaste de femmes dont l’intention claire était de jouer d’une façon non conventionnelle. Nous ne voulions pas suivre de recettes, nous voulions aborder la musique d’une façon inédite, et ça a donné la musique qu’on connaît. Et qu’on fait encore évoluer aujourd’hui. Nous sommes toujours dans le même créneau, d’ailleurs.»

«Vingt-cinq ans plus tard, nous jouissons d’une réputation tant au plan de la production, de la diffusion que de la création. On ne fera pas dans la fausse humilité: au plan de la production et la diffusion des musiques de création, notre contribution est grande. En tant que créatrices? Nous sommes rendues ailleurs: nous continuons de fouiller, creuser. Nous n’avons pas une attitude anthologique en ce sens, nous ne faisons pas dans le pot-pourri. Nous revisitons, car nos musiques ne cessent de bouger. Parce qu’il n’y a pas d’intérêt à copier ce qui s’est fait il y a 25 ans. C’est pour ça qu’on trippe tant sur le concept de palimpseste.»

Palimpseste, rappelons-le pour vous épargner une visite dans le Petit Robert, est un parchemin manuscrit dont on a effacé la première écriture afin de pouvoir écrire un nouveau texte. Est-ce assez clair?

L’Ensemble SuperMusique se produit ce soir et demain, 20h30, à l’Usine C. Pour de plus amples informations: www.supermusique.qc.ca

Retour vers le futur

Bernard Lamarche, Le Devoir, March 31, 2005

Un concert pour souligner 25 ans de musique actuelle

Pour ses 25 ans, la compagnie Productions SuperMusique se paye du luxe: l’Usine C et un retour dans le passé. Demain et samedi, un catalogue impressionnant de musique actuelle sera revisité, relu et actualisé. Ce catalogue est celui des trois fondatrices de la compagnie, soit Joane Hétu, Diane Labrosse et Danielle Palardy Roger, qui à elles seules peuvent revendiquer un pan considérable de la musique actuelle qui s’est faite au Québec depuis 1980.

Avec Palimpseste d’orchestre, Partitions grattées, coupées, collées et transformées, le trio de compositrices fera profiter les amateurs de trois nouvelles pièces faites à partir d’anciens morceaux. Les sonorités entendues seront celles, présentées sous forme de pot-pourri ou de citations revues et corrigées au goût du moment, de musiques pondues depuis 1979 en solo ou en collectif au sein de groupes dont les noms ravivent maints souvenirs: Wondeur Brass, Les Poules, Justine, Castor et compagnies ou encore Nous perçons les oreilles. Les grandes tendances des musiques produites par SuperMusique seront remises sur le tapis.

Sorte de bilan, ce concert fait de commémorations? Pas selon Joane Hétu. «On avait le goût de revisiter notre catalogue. C’est un temps d’arrêt, la première fois qu’on regarde en arrière. En musique actuelle, on a toujours la prétention d’être à l’avant-garde, dans la recherche, dans l’innovation. Au bout du compte, ce 25e anniversaire a permis de revoir le chemin parcouru.»

Danielle Palardy Roger proposera Music Mnésic, où des extraits d’anciennes partitions sont réinscrits dans une trame organisée autour de brouillages. Diane Labrosse signera Retour sur les lieux du crime, une pièce faite de superpositions de partitions, alors que Joane Hétu soumettra Zig Zag en forme de chants, qui reprend vingt courts extraits de pièces chantées.

Les musiques du passé seront rehaussées avec des instrumentations différentes, une nouvelle lutherie, des tourne-disques, des échantillonneurs et de l’électronique. «À mon avis, ça fait de la musique de 2005», selon Hétu, qui sera accompagnée, elle et ses comparses, par l’Ensemble SuperMusique, formé de onze musiciens plus que solides, dont Lori Freedman, Michel F Côté, Bernard Falaise, Jean Derome et Martin Tétrault.

Ce voyage dans le temps ramènera des sons perdus dans les dédales de l’histoire, notamment celle des années 80 et ses ambiances synthétiques. La musique actuelle d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui, elle passe dans les moeurs, récupérée des années après par la pop. Hétu reconnaît qu’elle a souri à quelques reprises en astiquant ses antiques. Cette traversée l’aura menée à délaisser la chanson, pour favoriser une forme de musique improvisée, vers une musicalité marquée par le dépouillement, le minimalisme et le bruitisme.

Le concert sera un mélange de sonorisation conventionnelle et de spatialisation à plusieurs haut-parleurs, une rencontre d’anciennes musiques et de nouvelles. «Ça fait peut-être un spectacle qui peut toucher plus de gens qu’habituellement. Il n’y a pas que l’aspect très abstrait dans lequel on travaille maintenant. Il y a des thèmes qui ressortent. Parfois, il faut juste avoir un petit quelque chose pour s’accrocher, pour pouvoir prendre l’innovation.» À l’Usine C, demain et samedi, à 20h30.

La musique actuelle peut-elle vieillir?

Lili Marin, Radio-Canada: Guide culturel, March 28, 2005

Pas pour les Productions SuperMusique, qui célèbrent 25 ans de création en grattant, coupant, collant et transformant leurs partitions en un Palimpseste d’orchestre.

Jamais de copie
«Je n’ai pas d’intérêt à rejouer les pièces telles que je les ai jouées il y a 20 ans. J’ai le goût de maintenir le lien avec où je suis dans la création, maintenant», prévient Danielle Palardy Roger, cofondatrice des Productions SuperMusique avec Joane Hétu et Diane Labrosse. Les musiques subiront en direct des manipulations électroniques, puis seront spatialisées via un orchestre de haut-parleurs. «Nous n’avons jamais travaillé dans la copie de nous-mêmes. Ça a joué contre nous, parce que ça a toujours dérouté notre public», admet-elle.

Exigeante mais accessible
Improvisée, bruitiste, électronique, la musique actuelle plaît autant aux philosophes qu’aux scientifiques, «des esprits qui cherchent de nouveaux chemins». Contrairement à la musique contemporaine, qui descend de la musique classique, elle n’est pourtant pas «une musique d’université». Dans la lignée des musiques populaires comme le folklore, le jazz et le rock, elle est de tradition orale.

Des improvisations envolées
«L’histoire de la musique actuelle n’existe pas, on est en train de la faire», affirme Danielle Palardy Roger. Pour ce spectacle commémorant un quart de siècle de diffusion de musique de création, elle a dû se prêter à un véritable travail d’archéologue, notant les morceaux qui avaient été enregistrés sur disques. «À l’époque, comme nous travaillions en collectif, il n’y avait pas de partition de chef. Chacun avait la sienne, quand ce n’était pas carrément du par cœur, ce qui fait que beaucoup de musiques se sont perdues.»

Mémoire numérisée
Afin de remédier à cette absence de traces, Productions SuperMusique a mis en ligne ses archives: articles, programmes, photos, affiches et pochettes de disques qui ont marqué le parcours de la compagnie depuis ses débuts en 1979. Une exposition de quelques documents historiques se tiendra aussi dans le foyer de l’Usine C, lors des deux concerts.

Wondeur Brass, Les Poules, Justine et les autres
«Le type de musique qu’on faisait, personne n’en voulait, se souvient Danielle Palardy Roger. Il y a 25 ans, une femme qui jouait de la batterie, du sax, de la trompette, de la basse, ce n’était pas fréquent - ça ne l’est toujours pas - et ça nous excluait.» Voilà pourquoi elle a fondé avec huit autres femmes un premier collectif, Wondeur Brass, que le chroniqueur Pierre Foglia avait qualifié de subversif. D’autres ont suivi, tandis qu’elles poursuivaient en parallèle des projets solos.

Mouvement international
Avant de participer au festival français Musiques et femmes, en 1984, elles se croyaient seules au monde à faire ce genre de musique. Elles y ont découvert le Feminist Improvising Group et, un collectif de rock progressif iconoclaste. «C’est là que nous avons été capables de nous identifier à un mouvement. Puis, nous avons pris contact avec d’autres musiciens qui faisaient ce genre de musique à Montréal.» C’est ainsi qu’elles ont commencé à collaborer avec les René Lussier, Robert M Lepage, Jean Derome et André Duchesne, qui ont fondé l’étiquette Ambiances magnétiques.

Nouvelle lutherie
Aujourd’hui, l’exploration musicale passe beaucoup par l’ordinateur et la nouvelle lutherie (instruments trafiqués, tourne-disques, etc.). «Nous avons d’excellentes instrumentistes à Montréal et il y a une relève intéressante, surtout en électronique.»

Une salle dédiée aux musiques d’aujourd’hui
«Présentement, nous devons nous promener dans diverses salles, davantage conçues pour l’œil que pour l’oreille, au gré de leurs disponibilités. En plus de nous coûter cher, cela fait difficile pour le public de nous retrouver.» Les Productions SuperMusique, de concert avec le Nouvel ensemble moderne et Réseaux des arts médiatiques, travaillent depuis 2001 pour doter les musiques d’aujourd’hui d’un lieu dédié, avec une salle de spectacles, un café et un espace pour accueillir des artistes étrangers. Un tel lieu existe à Amsterdam, De IJsbreker (Le Brise-Glace). Il s’y donne environ 150 concerts par an.

Review

Marc Chénard, La Scena Musicale, no. 9:5, February 1, 2004

Après trois spectacles présentés à la toute fin de janvier, l’événement «Journées québécoises de l’impro en musique» reprend au début du mois avec trois soirs à la Sala Rossa, dès le mardi 3 février. Signalons en passant qu’une table ronde sur la théorie et la pratique de l’improvisation se déroulera l’avant-veille, à la Faculté de musique de l’Université de Montréal (Pavillon Vincent-d’lndy, salle S-484). Avis est lancé à ceux et à celles qui auront la chance de lire ces lignes le premier jour du mois.

Du côté des concerts, la maison de productions de concerts Codes d’accès sera mise en valeur au cours de cette première soirée, consacrée à la recherche sonore électroacoustique; le lendemain, ce sera au tour du quatuar de saxophones Quasar de se produire avec des invités spéciaux (voir ci dessous); pour clôturer le tout, l’ensemble SuperMusique, constitué de huit personnalités gravitant autour du collectif Ambiances magnétiques (dont Jean Derome, Lori Freedman et Diane Labrosse) exécutera en première des pièces de Joane Hètu, de Jean-François Laporte et de la percussionniste Danielle R Roger, l’œuvre de cette dernière étant une commande de l’organisme instigateur de cet événement, la Société québécoise de la recherche en musique (SQRM).

lnvité à ces soirées, le flûtiste de renommée internationale Robert Dick se joindra à l’ensemble Quasar, tout comme le pianiste et pédagogue Jérôme Blais et Danielle Palardy Roger. Le saxo baryton attitré du groupe, Jean-Marc Bouchard, promet un spectacle fort différent des prestations habituelles, axées sur le répertoire de musique contemporaine. «Il y aura une dimension scénique au concert, précise-t-il, puisque trois des participants seront sur scène et trois autres se promèneront, d’abord dans la salle, pour ensuite retrouver les autres sur la scène. Par ailleurs, nous avons bricolé de longs tuyaux flexibles qui font office de bocal de saxophones. Il y aura des musiciens qui agiront comme souffleurs, tandis que d’autres ne feront qu’actionner les clés.»

Le flûtiste Robert Dick a apparemment conçu un genre de plan de match, mais ce ne sera que dans les heures précédant la représentation que les complices de cette soirée le découvriront. «C’est vraiment une tout autre approche que celle exigeant une interprétation bien travaillée d’avance. C’est tout à fait dans l’esprit de l’impro, où il faut être sur le qui-vive à chaque instant.»

Review

Frédérique Doyon, Le Devoir, January 28, 2004

L’improvisation n’est plus l’apanage du jazz ou de la musique actuelle, c’est un moteur de découvertes, tous styles musicaux confondus. Tel est le credo de la quatrième semaine de musique thématique organisée par la Société québécoise de recherche en musique (SQRM), Les journées québécoises de l’impro en musique.

Le nouveau coordonnateur artistique de l’événement, Jérôme Blais, qui a pris le relais de Sean Ferguson, veut ainsi mettre l’accent sur «le décloisonnement des disciplines musicales en improvisation», phénomène prégnant depuis quelques années. «Même s’il n’y a pas de concert commun où ils partagent la même scène, tous les artistes présentés ont une préoccupation commune qui est non seulement l’avancement de l’impro, mais la découverte de nouvelles formes d’expression», explique-t-il. D’où une programmation qui puise dans plusieurs genres musicaux.

Outre le jazz représenté par les compositeurs Thom Gossage (30 janvier) et Steve Lacy (31 janvier), et la musique actuelle de l’ensemble SuperMusique (5 février) qui compte notamment les musiciens Jean Derome et Diane Labrosse, Les journées de l’impro présentent également l’ensemble de musique ancienne moyen-orientale Constantinople, le quatuor de musique contemporaine Quasar ainsi que Codes d’accès, qui explore les nouvelles technologies et le traitement électronique.

«C’est un peu des cartes blanches: on a demandé aux artistes de nous dire, par le biais d’un concert, où en sont leurs recherches sur l’improvisation, de nous montrer ce qu’ils ont de plus innovateur», précise M. Blais. L’explosion de l’improvisation et les croisements entre genres musicaux s’opèrent aussi à l’intérieur d’une même soirée. «Thom Gossage, qui est un musicien de jazz, va créer une œuvre de Rainer Wiens, plus connu en musique actuelle; SuperMusique passe une commande au compositeur Jean-François Laporte, qui est plutôt associé à la musique de concert contemporaine mais qui fait une exploration très originale sur le son et le timbre», cite en exemple le coordonnateur.

En axant la quatrième édition de son événement biennal sur l’improvisation, la SQRM rompt avec ses trois autres semaines thématiques menées sous la gouverne de Sean Ferguson. Celles-ci se concentraient chacune sur un type d’instrument (le piano en 1997, la voix en 1998 et les cordes en 2001). Mais cette quatrième édition s’inscrit dans le même esprit de démocratisation de la recherche musicale à laquelle aspirait la SQRM en créant les semaines thématiques en 1997.

L’organisme de recherche s’est alors doté d’un volet concerts pour «briser ses réflexes académiques» qui prenaient déjà la forme de colloques, de conférences et de publications d’articles. Pour faire le pont entre ces deux types d’activité, une table ronde intitulée «L’improvisation peut-elle sauver la musique?» s’insère au milieu des performances musicales des Journées québécoises de l’impro en musique, le 1er février.

Joane Hétu là

François Couture, Ici Montréal, April 6, 2003

Si Joane Hétu est demeurée plutôt discrète ces derniers temps, c’est que les festivités entourant le 10e anniversaire de sa compagnie de disques DAME l’ont tenue occupée au cours de la saison 2001-2002. Elle revient maintenant en force avec Nouvelle musique d’hiver, une œuvre qui sera présentée lors du premier Festival Montréal/nouvelles musiques. «J’avais envie de présenter une pièce intègrant les instruments acoustiques et électriques, ce qui est une grande caractéristique des musiques actuelles», explique la formidable touche-à-tout. C’est une des raisons pour lesquelles elle a écrit ce nouveau cycle, car Musique d’hiver (l’originale) est de nature très acoustique.

Cette première mouture remonte au début de l’an 2000, moment où elle a été présentée devant public et enregistrée. Évocation de l’hiver québécois en quatre tableaux, Musique d’hiver repose sur un matériel mélodique à tendance minimaliste, appuyé par des éléments bruitistes. Le nouveau cycle conserve la même structure et le même sujet; pour le reste… «C’est exactement l’inverse, souligne Joane Hétu. La base de la pièce tient sur une structure d’intervention à caractère bruitiste à laquelle parfois s’ajoutent des thèmes musicaux, ou plutôt des interventions tonales.»

Pour l’exécution, Joane Hétu s’est tournée vers l’Ensemble SuperMusique, un groupe à géométrie variable composé de membres de l’écurie Productions SuperMusique. «Jamais ma musique n’a été jouée par un grand ensemble!» s’exclame la joviale dame de DAME. Ils seront sept: Martin Tétreault, Lori Freedman, Guillaume Dostaler, Diane Labrosse, Pierre Tanguay, Joane et son conjoint Jean Derome. Mais… ces quatre derniers ne formaient-ils pas déjà le groupe Castor et Compagnie il y a dix ans? «Faut croire que je trouve qu’ils rendent bien ma musique… Je suis de tempérament fidèle. Vingt ans avec le même homme, quinze ans dans la même maison et mon signe chinois est le Chien: rien de plus fidèle!»