Ici Montréal (Québec)
Danse OD
L’ODD (L’Orchestre De Danse pour les intimes) est de retour avec un nouvel
alignement et le feu aux entrailles pour brûler les planches de la Sala Rossa ce
vendredi. Un groupe de party dont le seul objectif est de faire danser son public sur
une musique improvisée, la créature du batteur Pierre Tanguay
sort de l’ordinaire.
Réunissant des musiciens de la scène des musiques actuelles, le groupe ne répète
pas, misant sur la spontanéité et une connaissance partagée des musiques de danse, de
la valse jusqu’au funk. Tanguay, qui avec le temps est devenu l’organisateur en chef du
groupe, explique: «Je prépare un ordre de styles, par exemple un funk puis une valse
puis un rigodon. Je compte 1, 2, 3, 4 et ça part! Tout ce qu’ont les musiciens, c’est
un style et un tempo.» Pour le reste, il s’agit pour ceux-ci de trouver la bonne
tonalité en un temps record et de «sentir» venir les changements au bon moment. C’est
le signal légendaire de James Brown: «Take it to the
bridge!»
Et, dans le feu de l’action, on pense à James Brown, à
Parliament ou à Fela Kuti, beaucoup plus qu’aux autres groupes de Tanguay et de Jean Derome. Ce dernier,
saxophoniste, compositeur et pilier de la musique actuelle montréalaise, avoue que
certains spectateurs éprouvent un choc. «Des gens qui connaissent mon travail
d’improvisateur viennent me voir après un spectacle de l’ODD pour me dire: «Je ne
savais pas que tu savais jouer de la musique…» C’est un peu désarmant!»
L’ODD a débuté en 1994 sous la forme d’un projet collectif. La première formation
stable comprenait Tanguay, Derome,
René Lussier, Rainer Wiens,
Tom Walsh et DJ Pocket. La réputation du groupe s’est
rapidement accrue par la force de l’enthousiasme et du bouche à oreille des danseurs.
Après le départ de Lussier à la fin de la décennie go, les
apparitions de l’ODD se sont espacées. En plus de participer à plusieurs soirées
bénéfice organisées par François Gourd, le groupe s’est
produit au festival de jazz de Guelph (Ontario) avec Fred
Frith à la basse.
À Montréal, c’est Fred Fortin qui tenait ce rôle
dernièrement. Mais début novembre le chanteur s’est soudain rendu compte que lui et son
guitariste Olivier Langevin jouaient au Club Soda le 14.
Rapide à rebondir, Tanguay s’est tourné vers le
guitariste-caméléon Bernard Falaise et le bassiste
Frédéric Boudreault, qu’on voit aux côtés d’Urbain Desbois et
de Marie-Jo Thério et qui faisait déjà la première partie de
l’ODD au sein du groupe The Fighting Koalas. Érick d’Orion
sera responsable du côté électronique du son. Une des têtes de l’étiquette No
Type et membre du duo bruitiste morceaux_de_machines, Dorion est la variable inconnue de ce nouvel alignement. «Érick, c’est un
rasta de l’électronique, explique Tanguay. Il est vivant, il
bouge et il rend l’électronique humaine.»
Et ce côté vivant, c’est la raison d’être de l’ODD. «Tout est dans le groove, selon
Jean Derome. Un coup que quelqu’un danse, il peut absorber
bien des choses.» Ce qui veut dire de la dissonance, de la déconstruction, de
l’invention et beaucoup d’humour. Gros party en perspective!
— François Couture, 13 novembre 2003 [10215]
La Presse (Québec)
SuperOption 2
Organisatrices émérites de l’organisme Super Musique, Joane Hétu et Danielle P. Roger ont mis en marche
SuperOption 2, événement consacré à la musique actuelle, tenu à la
Sala Rossa. Pour la deuxième semaine de «festivités», SuperOption2
présente, ce soir, les improvisations «multiphoniques» du saxophoniste parisien
Bertrand Denzler et du clarinettiste-saxophoniste biennois
Hans Koch. Demain, concert exclusivement constitué de
Sang9, la reléve de la musique actuelle selon Super
Musique.
— Alain Brunet, 6 novembre 2003 [10213]
Ici Montréal (Québec)
SuperOption: Sang Neuf
Pour une deuxième année, les Productions SuperMusique et
DAME s’associent pour présenter une série de concerts-lancements de
musique actuelle. Au cours de huit soirées étalées sur trois semaines, une brochette
d’artistes défileront sur les planches de la Sala Rossa, dont beaucoup de jeunes qui
seront servis en hors-d’œuvres et à qui on consacre deux soirées complètes. On les
retrouve tous sur une compii baptisée Sang9 et lancée par
DAME pour l’occasion. Parmi les artistes «séniors», on trouve le duo
de Marilyn Lerner et de Ken Gregory ,
le duo suisse de Bertrand Denzler et Hans
Koch et en finale l’Orchestre De Danse de Jean Derome
avec Fred Fortin et Olivier
Langevin.
— François Couture, 30 octobre 2003 [10210]
La Presse (Québec)
Expérience et sang neuf…
Huit programmes étalés sur huit soirées, huit lancements de disques, 28 groupes, 89
musiciennes et musiciens. À compter de ce soir 20h30, SuperOption 2 se
veut uné série inédite de musique actuelle où se côtoient des artistes confirmés et des
artistes émergents de la musique actuelle.
Pour la deuxième année consécutive, les productions SuperMusique et
le distributeur de disques DAME, structures associées au milieu
montréalais de la musique actuelle, présentent la seconde édition de l'événement.
N'allez pas conclure au déploiement d'un univers monolithique: musique improvisée,
instrumentale et électronique, chansons nouvelles, rock alternatif nouvelles -musiques
d'ensemble, explorations vocales et bruitistes seront ainsi mis en relief.
«Il y a une douzaine d'années, Diane (Labrosse) Joane (Hétu) et moi avions produit
Tohu-Bohu, le premier de quelques grands événements produits par
SuperMusique. Depuis nos débuts, en fait, nous avons toujours poussé
la diffusion des autres, pour faire profiter la communauté d'ici. Nous sommes devenues
diffuseurs sans nous en rendre compte. Ça fera 25 ans l'an prochain que nous nous
appliquons à diffuser la musique actuelle, et cela ne nous a jamais arrêtées de
composer et de jouer», explique fièrement Danielle P. Roger,
qui revient à peine d'Europe—la percussionniste a tourné avec ses compagnes, cette fois
sous la bannière des Poules.
Ce soir, donc, les bruitistes Martin Tétreault (de
Montréal) et Otomo Yoshihide (de Tokyo, il est le plus reconnu
du réseau japonais des musiques expérimentales) ont d'ores et déjà présenté un projet
de duo en Europe ce printemps, ce qui les a menés à l'enregistrement d'un disque.
Feront partie du même prograrnme le ; duo minimaliste formé de Francis Arsenault et James Schidlwsky. Ces
nouveaux éléments de notre musique actuelle font partie de Sang 9, un
disque compilation réalisé en 2002 par Joane Hétu.
«Sang 9 explique sa collègue Danielle P. Roger, c'est quand méme
une grosse partie du SuperOption. I1 y a deux ans, Joane avait fait un
appel d'oeuvres, une vingtaine de projets ont été proposés. C'est vraimnent spécial de
découvrir cette génération qui s'inscrit dans la même lignée de la musique actuelle
d'ici, de Conventum, les Granules,
Justine, etc. Pour nous c'est une victoire que de sentir qu'il y a ume
descendance trés vigoureuse >', s'exclame Danielle P. Roger.
Demain, la pianiste Marilyn Lerner (originaire de Winnipeg,
elle réside désormais à Toronto) et Ken Gregory (aussi de
Winnipeg), qui préconisent un travail varié avec le matériel électronique, redéfiniront
ensemble le vocabulaire du piano en en explorant les qualités spatiales. De
Sang 9, on aura aussi droit à la poésie transdisciplinaire de
André Marceau ainsi qu'au répertoire contemporain de
l'Hexacorde.
Le mercredi 5 novembre prochain, les jeux de textures du violoniste Guido Del Fabbro (un des jeunes plus prometteurs selon Danielle P. Roger) seront suivis du tandem formé par le batteur
Pierre Tanguay et le multi-instrumentiste (flûtes vielle à
roue, guimbarde, etc.) Pierre Langevin (Québec), un duo où la
musique actuelle rencontre la musique ancienne. De Sang 9, on a prévu
la performance Hiatus, laboratoire libre de création classique
actuelle.
Le jeudi 6 novembre les improvisations «multi phoniques» du saxophoniste parisien
Bertrand Denzler et du clarinettiste-saxophoniste biennois
Hans Koch seront partagées par celles des Montréalais
Jean Derome et Joane Hétu. De la
partie Sang9 au programnme, on découvrira alors l'«espace sonore
électroacoustique en direct», de Cléo PalacIo-Quintin et
Pascal Boudreault.
Le vendredi 7 novembre, on assistera à un concert exclusivement constitué de
Sang 9: solo de fréquences industrielles avec Copromélomanie, cocktail
d'ambiances sonores radicales avec Arborisationterminale, jonction de l'ambient et de
l'actuel avec Jocelyn «Doctor» Tellier, trames hypnotiques et pulsionnelles avec In
Vitro, musique actuelle de facture plus rock avec Concorde Crash.
Le mercredi 12 novembre, le jeune guitariste Antoine
Berthiaume fera état d'un bagage impressionnant pour son jeune
âge—collaborations et apprentissages avec Derek Bailey,
Fred Frith, Dave Binney, etc. Il sera
suivi de l'Ensemble Pierre Labbé, un saxophoniste qui tend à fusionner jazz
d'avant-garde, musiques classique et contemporaine. La partie Sang9 de
la soirée comprendra la performance acoustique et électronique en direct de
Pascal DesJardins et Frédéric
Léonard.
Le jeudi 13 novembre, le programme exclusivement formé des «globules», de
Sang9 fera se succéder le guitariste «acoustico-progressif» Mathieu
Nadon, la texturale Mélanie Auclair, l'approche musicale et
poétique de Bobok, le jazz contemporain Malarafe, le jazz groove «conceptuel» de
Torngat.
Le vendredi 14 novembre, le très pétillant Orchestre De Danse (ODD) n'a qu'un seul
objectif: faire danser les gens sur des musiques improvisées. Le volet Sang
9 de la soirée inclut les canevas théâtromusicaux de Tutu Combo ainsi que le
le drum'n'bass électro-world des Fighting Koalas.
— Alain Brunet, 29 octobre 2003 [10211]
Campus (Québec)
L’Actuelle de demain
Pour la deuxième année consécutive, les Productions SuperMusique,
en collaboration avec la maison de disque DAME, présentent
SuperOption, une série inédite de concerts originaux où se côtoient
artistes confirmés et relève.
Du 5 au 14 novembre prochain, à la Salla Rossa, SuperOption2 va
permettre d'ouiïr et de jouir des multiples courants tracés par la musique actuelle
depuis 20 ans. Improvisation, bruiteur, nouvelles lutheries, acoustique et
électronique, rock savant et alternatif, jazz déstructuré, poésie sonore et nouvelles
musiques d'ensemble… Cette série de prestations uniques est une rare occasion
d'assister à des performances musicales, artistiques, physiques et visuelles offrant un
tableau vivant où l'artiste ne fait qu'un avec son instrument. Cet événement annuel
réserve sa scène à des musiciens chevronnés, instrumentalistes innovateurs d'ici et
d'ailleurs, qui représentent les divers courants de la musique actuelle, audacieuse,
improvisée, instrumentale et électronique. Une preuve que la musique actuelle est bien
vivante, et ce, pour longtemps encore.
Au programme
Le 29 octobre, les Maîtres des tourne-disques, les incontournables bruiteurs
Martin Tétreault du Québec et Otomo
Yoshibide du Japon —qui font littéralement un tabac partout ou où ils passent
—donneront le coup d'envoi aux célébrations musicales. Le 30 octobre suivront la
pianiste Marilyn Lerner de l'Ontario et le manipulateur sonore
Ken Gregory du Manitoba, un duo qui redéfinit le vocabulaire
du piano. Le 5 novembre, les jeux de textures de Guido del
Fabbro s'enchaîneront au duo de Pierre Tanguay et
Pierre Langevin, qui fait se rencontrer la musique actuelle et
la musique ancienne. Le 6 novembre, les improvisations de saxophone et de clarinette
des Suisses Bertrand Deuzler et Hans
Koch fermeront la première série de prestations, qui, elles, reprendront de plus
belles les 12, 13 et 14 novembre avec la musique actuelle groove de Tom Walsh et du groupe N.O.M.A.. Les improvisations
vivantes et risquées d'Antoine Berthiaume avec sa guitare
électrique laisseront place à la musique fusionnée de Pierre
Labbé et de son ensemble aux multiples talents. Le soir de clôture, la
prestation du très apprécié ODD (Orchestre de danse), célèbre pour ses
improvisations à partir d'airs connus et pour sa franche bonne humeur, transformera la
veillée en un moment propice à la rencontre, atmosphère intime et festive en sus…
À cette brillante énumération s'ajoute la brochette des artistes de la relève qui se
retrouvent sur le fameux disque compact SANG 9, la compile des jeunes
lancée par DAME pour l'occasion. Dans le cadre de
SuperOption, ces artistes de la relève sont invités à performer en
première partie des concerts des musiciens réputés énumérés plus haut. Seront présents
Mélanie Auclair, Arborisationterminale, Francis Arsenault et James Schidlowsky,
Cléo PalacioQuintin et Pascal
Boudreault, Tutu combo, Karèya, Jocelyn Doctor Tellier, In vitro, Concorde
Crash, Dickie's Nodan Levesky, Hiatus, L'Hexacorde, André
Marceau, Bobok, Torngat, Pascal Desjardins et
Frédéric Léonardv, The Fighting Koalas et Malarafe.
— Anne Rouillard, 29 octobre 2003 [10217]
Hour (Québec)
The "other" turntablism
Martin Tétreault liked elementary school. A lot. Which
might be one reason why he has a fondness for using the Calliphone turntables used in
schools in the '60s and '70s.
The story of how Tétreault went from visual arts to
turntablism is more or less well known, how he tock a vinyl album, cut it in half, and
glued the pieces back together backward, thus producing an instant "symphony." This was
the mid-'80s, and he knew nothing of the turntable experimentalism of people like
Christian Marclay. But he was soon brought up to speed when
guitarist André Duchesne, a neighbour, heard what Tétreault was up to and drew him to
the attention of the Ambiances Magnétiques collective.
Today, he answers a compliment on his considerable improvising skills rather
modestly, saying, "I was lucky because I was able to develop my improvising by working
with the best people in Montréal right away, people like Jean
Derome, René Lussier, Diane
Labrosse, Michel F Côté and Robert
Marcel Lepage"
Tétreault's method involves a deconstruction of the turntable and the vinyl
recording, though these days he no longer uses vinyl for the music on them. "For one
thing, I don't heve to worry about copyright issues anymore: Tétreault says, half jokingly.
Tétreault's approach has been influential, not least on
Otomo Yoshihide, arguably Japan's best improvising musician.
When Yoshihide saw the duo of Tétreault and Labrosse at the Angelica
Fest in Italy in 1997, his music took a turn in a minimalist direction. He
disbanded Ground Zero, which had been at the core of his musical activity, to pursue
smaller-sized projects.
Yoshihide and Tétreault have so
far recorded three albums together - two duos,
Studio-Analogique-Numérique (Ambiances Magnétiques,
2003) and 21 situations (Ambiances Magnétiques,
1999), and a trio with Philip Jeck, last year's Invisible Architecture #1 (Audiosphere).
In April of this year, the duo toured Europe, and Tétreault
hopes that an album will come out of the recordings of the concerts.
Yoshihide plays wIth two modified Technics turntables and a
guitar amplifier that he uses for feedback. Tétreault uses a
three-tone arm turntable with three pedal volume controls. No reverb, no delay.
"It's visual. When we do a move, what you see is what you hear." But what you hear
might not sound like what you expect, Tétreault explains.
"It's not electronic, it's completely analog, but it may sound electronic."
"It's a very good energy between us: Tétreault states. "Our
concerts are completely improvised. We never, during the tour, talk about music. We
never discuss pacing or things like that."
The duo's appearances in Québec City (Oct. 28) and Montréal (Oct. 29) are the
Canadian leg of a four-city tour that will go to NewYork and Boston the next two
evenings. Because of certain travel restrictions, Tétreault
will be using turntable motors, tone arms and prepared vinyl in NewYork and Boston.
They wili be his first performances in those cities. It will also be the first time
that he will perform with those devices.
A bit of a risk, no? "These days, I like to take more risks. If I find I can make a
new sound, I don't explore it, I just try it out in a concert." For Tétreault, his deconstructive experimentalism takes him back to his school
days. "The turntable is usually only treated as a passive object, but there are a lot
of hidden sounds it makes as an object. The sounds in the turntables were always there
in the classroom".
— Mike Chamberlain, 23 octobre 2003 [10212]
Autres textes dans
Campus (Québec)
|