La Scena Musicale 9:5 (Québec)
Journées québécoises de l’impro en musique (acte 2)
Après trois spectacles présentés à la toute fin de janvier, l’événement «Journées
québécoises de l’impro en musique» reprend au début du mois avec trois soirs à la Sala
Rossa, dès le mardi 3 février. Signalons en passant qu’une table ronde sur la théorie
et la pratique de l’improvisation se déroulera l’avant-veille, à la Faculté de musique
de l’Université de Montréal (Pavillon Vincent-d’lndy, salle S-484). Avis est lancé à
ceux et à celles qui auront la chance de lire ces lignes le premier jour du mois.
Du côté des concerts, la maison de productions de concerts Codes d’Accès sera mise
en valeur au cours de cette première soirée, consacrée à la recherche sonore
électroacoustique; le lendemain, ce sera au tour du quatuar de saxophones Quasar de se
produire avec des invités spéciaux (voir ci dessous); pour clôturer le tout,
l’ensemble SuperMusique, constitué de huit personnalités gravitant
autour du collectif Ambiances magnétiques (dont Jean Derome, Lori
Freedman et Diane Labrosse) exécutera en première des pièces de Joane Hètu, de
Jean-François Laporte et de la percussionniste Danielle R Roger, l’œuvre de cette
dernière étant une commande de l’organisme instigateur de cet événement, la Société
québécoise de la recherche en musique (SQRM).
lnvité à ces soirées, le flûtiste de renommée internationale Robert Dick se joindra
à l’ensemble Quasar, tout comme le pianiste et pédagogue Jérôme Blais et Danielle
Palardy Roger. Le saxo baryton attitré du groupe, Jean-Marc Bouchard, promet un
spectacle fort différent des prestations habituelles, axées sur le répertoire de
musique contemporaine. «Il y aura une dimension scénique au concert, précise-t-il,
puisque trois des participants seront sur scène et trois autres se promèneront, d’abord
dans la salle, pour ensuite retrouver les autres sur la scène. Par ailleurs, nous avons
bricolé de longs tuyaux flexibles qui font office de bocal de saxophones. Il y aura des
musiciens qui agiront comme souffleurs, tandis que d’autres ne feront qu’actionner les
clés.»
Le flûtiste Robert Dick a apparemment conçu un genre de plan de match, mais ce ne
sera que dans les heures précédant la représentation que les complices de cette soirée
le découvriront. «C’est vraiment une tout autre approche que celle exigeant une
interprétation bien travaillée d’avance. C’est tout à fait dans l’esprit de l’impro, où
il faut être sur le qui-vive à chaque instant.»
— Marc Chénard, 1 février 2004 [10225]
Le Devoir (Québec)
Place à l’impro musicale
L’improvisation n’est plus l’apanage du jazz ou de la musique actuelle, c’est un
moteur de découvertes, tous styles musicaux confondus. Tel est le credo de la quatrième
semaine de musique thématique organisée par la Société québécoise de recherche en
musique (SQRM), Les journées québécoises de l’impro en musique.
Le nouveau coordonnateur artistique de l’événement, Jérôme Blais, qui a pris le
relais de Sean Ferguson, veut ainsi mettre l’accent sur «le décloisonnement des
disciplines musicales en improvisation», phénomène prégnant depuis quelques années.
«Même s’il n’y a pas de concert commun où ils partagent la même scène, tous les
artistes présentés ont une préoccupation commune qui est non seulement l’avancement de
l’impro, mais la découverte de nouvelles formes d’expression», explique-t-il. D’où une
programmation qui puise dans plusieurs genres musicaux.
Outre le jazz représenté par les compositeurs Thom Gossage (30 janvier) et Steve
Lacy (31 janvier), et la musique actuelle de l’ensemble SuperMusique
(5 février) qui compte notamment les musiciens Jean Derome et Diane Labrosse, Les
journées de l’impro présentent également l’ensemble de musique ancienne moyen-orientale
Constantinople, le quatuor de musique contemporaine
Quasar ainsi que Codes d’accès, qui explore les
nouvelles technologies et le traitement électronique.
«C’est un peu des cartes blanches : on a demandé aux artistes de nous dire, par le
biais d’un concert, où en sont leurs recherches sur l’improvisation, de nous montrer ce
qu’ils ont de plus innovateur», précise M. Blais. L’explosion de l’improvisation et les
croisements entre genres musicaux s’opèrent aussi à l’intérieur d’une même soirée.
«Thom Gossage, qui est un musicien de jazz, va créer une oeuvre de Rainer Wiens, plus
connu en musique actuelle; SuperMusique passe une commande au
compositeur Jean-François Laporte, qui est plutôt associé à la musique de concert
contemporaine mais qui fait une exploration très originale sur le son et le timbre»,
cite en exemple le coordonnateur.
En axant la quatrième édition de son événement biennal sur l’improvisation, la SQRM
rompt avec ses trois autres semaines thématiques menées sous la gouverne de Sean
Ferguson. Celles-ci se concentraient chacune sur un type d’instrument (le piano en
1997, la voix en 1998 et les cordes en 2001). Mais cette quatrième édition s’inscrit
dans le même esprit de démocratisation de la recherche musicale à laquelle aspirait la
SQRM en créant les semaines thématiques en 1997.
L’organisme de recherche s’est alors doté d’un volet concerts pour «briser ses
réflexes académiques» qui prenaient déjà la forme de colloques, de conférences et de
publications d’articles. Pour faire le pont entre ces deux types d’activité, une table
ronde intitulée «L’improvisation peut-elle sauver la musique ?» s’insère au milieu des
performances musicales des Journées québécoises de l’impro en musique, le 1er
février.
— Frédérique Doyon, 28 janvier 2004 [10227]