The Link (Québec)
Beyond Girl Power
Women have always been a recognizable force in the music scene-even before Sarah
McLachlan, Lilith Fair, Celine Dion and the revamped Alanis Morisette.
For women in music, 1998 marked a phenomenal year; they snatched up the Grammys,
dominated the concert scene and topped their male counterparts in record sales.
All these achievements have pushed the artists into what is now labeled as the
"women's music" category. The strong emergence of females in the music industry means
that, like it or not, women are all slowly being shuffled into this one specific
category.
For some, this is a trend that is not going to vanish anytime scon, considering the
popularity of female musicians and the influx of copycat artists waiting to jump on the
band wagon. While men once overpopulated the scene, some consider the rise of women in
the music business as a new balance in pop culture.
In Montréal, there are many home-grown talents with their own distinctive sounds and
different opinions when It comes to women m music.…
… When discussing audience reception to their performances, most female artists said
there have been very few negative responses.
Castelli noted that most of the female acts he has booked for his club have
generally been very well-received. Diane Labrosse, a musician and artistic director of
Productions Super Mémé, does not see a diffference in response when a
woman is performing.
«If the music is good, if it has something special to it," she said, then it must go
on and be seen by as many people as possible [regardless of gender].»…
… Women's music is as good as men's music and it should be not perceived as women's
music. It is universal," Labrosse said.
Housego plainly stated that it does not matter whether a musician is male or female
(or even a cat or a dog!) as long as they can play music. She said the whole concept of
gender-categorizing is unnecessary.
— Lemy Tran, 3 mars 1999 [10015]
La Presse 126 (Québec)
Les miniatures de Diane Labrosse: tout vient à point à qui sait entendre
Aux grands mots les grands proverbes… Quand le chat n’est pas là les souris y
pensent… Qui ne dit mot conscient… Rien ne sert de mourir quand on a tout son
temps…
Diane Labrosse a entrepris de trafiquer les proverbes les plus courants, «d’en
détourner le sens en en remplacant un (ou des) mot(s) ou encore une (ou des) syllabe
(s)» afin d’en tirer une «sagesse pratique», pour reprendre le titre de ce concert
prévu ce soir et demain au Théâtre La Chapelle.
Car il s’agit bien d’un concert. Ces proverbes mutants sont le prétexte à une
collection de micro-compositions.
«Ce qui est intéressant avec une miniature, c’est que l’on est obligé de dire
rapidement les choses», explique la compositrice, improvisatrice, échantillonneuse,
claviériste, chanteuse.
Une cinquantaine de miniatures ont ainsi été concues par Diane Labrosse. Sous sa
direction, s’exprime toute une brochette d’artistes consacrés de la musique actuelle:
Jean Derome aux flûtes, saxophones, appeaux et voix, Joane Hétu au sax alto et voix,
Martin Tétreault aux tables tournantes, Rainer Wiens à la guitare préparée, Pierre
Tanguay aux percussions et voix.
«Cette approche est très «texturale», indique Diane Labrosse. Les sources se
déplacent, on passe aisément du trio au quatuor.»Qui plus est, une large part
d’improvisation sera assurée par les musiciens de l’ensemble.
«Il n’y a pas de partitions écrites dans le cadre de ce projet. Il y a toutefois une
structure préétablie pour chaque miniature, j’y distribue des consignes aux musiciens.
Je peux demander au percussionniste de jouer un beat de jazz, pendant que le dj me
fournit d’autres références. Consignes de textures, de timbres, de styles plutôt que de
notes et d’harmonies.» Ambiances, improvisation, textures spatialisées. Coohabitation
du lyrisme et du bruit, de l’impro et de la structure, références baroques, médiévales,
contemporaines de souches européennes ou afro-americaines, rock ou chansonnette. Diane
Labrosse résume le concept comme une série de volte-face.
Et le rôle des proverbes? La musicienne aime coller du sens à ses miniatures. Elle
les répartit d’ailleurs sous cinq bannières: «morale», «philosophie», «vérités de La
Palice», «amour-désir», «choses vraiment pratiques.» Ces proverbes «tantôt ironiques,
tantôt moqueurs ou dubitatifs» seront chantés ou dits par les protagonistes de
l’action.
«Je ne me gêne pas pour évoquer des références sans m’y accrocher», dit Labrosse.
Voilà, en tout cas, une toute autre façon de souder le sens aux sons. Tout vient à
point à qui sait entendre…
— Alain Brunet, 26 février 1999 [10016]
Voir (Québec)
Le poids des mots
A en croire Diane Labrosse, dont la plus récente création musicale porte sur
l’univers des proverbes, tout vient à point à qui sait entendre. Échantillonneuse
émérite spécialisée dans les détournements sonores, Labrosse a puisé son inspiration
dans ces lieux communs moralisateurs dont regorge la langue française. En fait, elle a
carrément «samplé» cinquante des meilleures perles des pages roses du Petit Larousse pour construire la base de ce spectacle, intitulé
Sagesse pratique. «Je suis partie de proverbes que l’on emploie tous
les jours, parfois sans s’en rendre compte, et puis je me suis mise à les transformer
subtilement. Ce qui me plaît, c’est de changer le sens des choses, qu’il s’agisse de
mots ou de sons», explique Labrosse. «Ça faisait très longtemps que je voulais
travailler à un projet de pièces miniatures, et j’avais aussi envie de travailler à
partir du langage; alors, c’était le projet idéal pour réunir ces deux idées. Ce sont
des petites pièces assez impressionnistes qui cherchent à évoquer un état, à créer des
climats presque cinématographiques, ce qui rejoint bien ma démarche depuis que je
travaille avec le bruit.»
Contrairement à certaines de ses créations antérieures, notamment son projet
Île bizarre, qu’elle poursuit en compagnie d’Ikue Mori et de Martin
Tétreault, Diane Labrosse n’a pas le luxe du temps dans ce projet. Lorsqu’il s’agit
d’exécuter cinquante pièces en un peu plus d’une heure, la rigueur est de mise. «C’est
certainement l’une des difficultés de ce spectacle, surtout qu’on travaille en
improvisation, reconnaît Diane. Normalement, on prend le temps d’installer une ambiance
avant de se lancer dans l’improvisation, alors que dans ce contexte, il faut aller
droit au but. Et puis, il était évident qu’il fallait enchaîner les pièces, parce
qu’arrêter et recommencer cinquante fois aurait été extrêmement difficile, pour les
musiciens comme pour le public.»
Histoire de garder une certaine cohérence, Labrosse a donc créé cinq tableaux de dix
pièces regroupées en thèmes. Les rôles de chanteurs seront assumés tour à tour par
Pierre Tanguay, Jean Derome, Joane Hétu et Labrosse elle-même, qui joueront également
de leurs instruments de prédilection (respectivement la batterie, les vents, le sax et
l’échantillonneur). «J’ai été très impressionnée par le travail vocal qu’ils ont fait
ensemble pour leur projet Nous perçons les oreilles. J’aime cette approche, parce
qu’elle donne autant d’importance aux mots qu’aux textures, ce qui est exactement ce
que je voulais faire avec Sagesse pratique. Je suis allée en studio avec chacun des
musiciens, et on a créé une espèce de petit lit de mousse sonore sur lequel j’ai pu
déposer les proverbes.»
Le groupe d’improvisateurs «texturalistes» sera complété par Martin Tétreault aux
tourne-disques et Rainer Wiens à la guitare préparée. Ensemble, les six musiciens
exploreront divers genres musicaux, allant du jazz à la chanson, en passant par
l’expérimentation la plus débridée. Y a-t-il une morale à cette histoire? «Je pense
qu’il y en a une, mais pas nécessairement celle à laquelle les gens ont été habitués»,
conclut Diane. Comme elle le dit si bien: aux grands mots, les grands proverbes!
— Nicolas Tittley, 25 février 1999 [10017]
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