Jean Derome

  • Montréal, Québec, 1955
  • Compositeur • Interprète (saxophones (alto, baryton, soprano), flûtes (flûte, flûte basse, piccolo, flûte en sol, flûte à bec), claviers, petits instruments à vent (ocarinas, guimbardes, appeaux, jouets…), percussions, instruments inventés, voix)

Figure de proue de la musique de création québécoise, le compositeur, multi-instrumentiste et idéateur, Jean Derome, se produit régulièrement partout au Canada, aux États-Unis et en Europe et compte plus d’une centaine d’apparitions sur disque (depuis 1978).

En reconnaissance de l’esprit créatif dont il fait preuve autant au Québec qu’à l’international, Jean Derome est titulaire de plusieurs distinctions incluant le Freddie Stone Award (1992) pour son action dans le domaine des musiques créatives au Canada, la prestigieuse Bourse de carrière du Conseil des arts et des lettres du Québec (2012) ainsi que 3 prix Opus décernés par le Conseil québécois de la musique: Rayonnement à l’étranger en 2001; Disque de musique actuelle de l’année (pour Musiques de chambres) en 2016; Événement de l’année (Année Jean Derome 15-16) en 2017.

L’homme de vent et de musique, cofondateur de l’étiquette Ambiances Magnétiques, a célébré en 2015, ses 45 ans de carrière, avec l’Année Jean Derome (AJD) qui mettait en relief la richesse et la variété de son travail de musicien, d’improvisateur, de compositeur et d’archiviste, autour de 18 concerts présentés de mai 2015 à juin 2016, sur diverses scènes québécoises et assortis du lancement d’un film documentaire à son sujet: Derome ou les turbulences musicales de Richard Jutras.

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À Montréal

En tournée

Dossier de presse

En bref - Escale artistique au Vieux-Port

in Le Devoir (Québec), 23 septembre 2005

Demain et dimanche, la deuxième édition des Escales improbables prend d’assaut le quai King Edward du Vieux-Port de Montréal.

L’événement éclectique conjugue cette année autant de disciplines diverses que le théâtre de marionnettes, le chant lyrique, le cinéma et surtout la musique. Des musiciens-performeurs interprètent des oeuvres du compositeur Michel Smith à partir de machines-instruments ambulants. Nicolas Brault fait tomber des baleines du ciel dans un film-conte animé. Jean Derome et SuperMusique proposent une expédition de canot-camping allégorique le long d’une rivière imaginaire. Les côtes gaspésienne et italienne se croisent dans Cargo, théâtre d’image et de marionnettes. On découvre ces performances extravagantes et audacieuses en déambulant au bord du fleuve, comme une invitation au voyage.

La modernité n’est pas morte!

Par François Tousignant in Le Devoir (Québec), 19 mars 1998
… des musiciens genéreux donnent réalité à cet art mystérieux qu’est la musique, offrent leur amour profond des idées neuves et du son.

Loin, loin, trés loin des hauts endroits où l’on étudie des choses qu’on aime limiter à un état cadavérique pour s’emparer d’elles comme objet loin. Loin, très loin de ceux qui savent, il existe un jardin enchanté et secret, pas toujours raffiné ou très beau, mais où la musique vit celui de ceux qui la font. En cet enclos particulier, des musiciens genéreux donnent réalité à cet art mystérieux qu’est la musique, offrent leur amour profond des idées neuves et du son.

Le premier spectacle de Nous perçons les oreilles, sorte d’édition-festival de fin d’hiver des «actualistes» montréalais, s’est révélé un franc succès. Il est malaisé de tenter de rendre justice à ce qui s’est passé mardi soir, à la Maison de la culture Plateau Mont-Royal; tout au plus peut-on essayer d’en témoigner.

La modernité revient!, enfin!, et de la plus belle manière. Loin des circuits savants (et fermés), l’héritage des Cage, Kagel, Berio reste bien vivant et fertile. Il fallait entendre la première «improvisation» de Jean Derome et Joane Hétu pour comprendre ce qu’est la musique vivante, celle qui s’imagine avec des petits riens, qu’on invente sans jamais l’apprendre parce qu’on l’a prise à bras-le-corps avec amour et passion.

Sur le fil tenu de l’instant fugace qui jamais ne reviendra s’élève un torse magnifique qui tire tout son pouvoir expressif de ses fulgurances géniales et de ses faiblesses décevantes. Au crépuscule d’un art encroûté dans l’académie se dressent les turions d’une nouvelle forme provocante et revendicatrice par sa simple existence: jouer de la musique. Dans ces constructions sonores de Jean Derome résonne le plus bel écho soixante-huitard: l’imagination au pouvoir!

Terrains et émotions vierges, voilà ce qu’on entend. Magie de la poésie et du sens renouvelés. Impossible d’analyser cela de l’épingler pour objet d’étude. Il faut y être, se soumettre à ses méandres, oser se tromper — ou triompher — en direct. Derome remporte la palme, dominant sa matière magistralement. Sa compagne reste plus en retrait. Elle essaie trop de le rejoindre plutôt que de se laisser aller.

Au risque de passer pour snob, je trouve qu’il manque encore un peu de verni, voire de respect (Derome par moment, semble maladroit avec ce statut d’artiste qu’il invente — plus de fierté de votre part, s’il vous plait, vous y avez droit!) envers l’acte qui se pulvérise en son. La présence du magnifique texte de Sylvie Massicotte (efficacement lu par l’auteure) a prouvé que la prestation musicale doit aspirer à un «niveau» plus responsable, ce qui veut dire qui n’a plus honte d’être ce qu’il est. Derome et Hétu méritent mieux que ce qui leur est généralement reconnu, ne serait-ce que pour les vertiges du cœur qui, tout à coup, emplissent nos oreilles.

Cette première soirée dialoguait avec le cinéma. L’idée est naïvement mignonne. MacLaren a déjà fait cent fois mieux et le processus est stérile. On sourit à la tentative, sans plus. Mercredi, nos acolytes se colletteront avec la danse puis, ce soir, entre eux. Ce dernier spectacle musique-musique sera repris vendredi à la Maison de la culture Villlerav/Saint-Michel/Parc-Extension. À prendre un risque, vous serez peut-étre déçu, mais vous serez peut-étre aussi complétement ébloui.