Magali Babin: Les filles à l’envers

Deux super occasions de prendre le pouls de l’espace occupé aujourd’hui par les femmes dans les univers de la musique nouvelle.

[English translation not available.]

SuperMusique présente Les filles à l’envers, un projet inspiré d’une idée originale de Magali Babin: un «band» à l’envers avec 4 musiciennes et 1 musicien. Un concert surprenant qui propose des musiques improvisées et écrites avec une panoplie de sons joués sur des instruments traditionnels ou inventés, acoustiques ou électroniques. Un programme de concert qui présente une série de numéros interprétés par des solistes ou par diverses combinaisons d’instrumentistes. Une super occasion de prendre le pouls de l’espace occupé aujourd’hui par les femmes dans les univers de la musique nouvelle. Un nouveau tour des SuperMusique pour le mois des femmes!

  • Thursday March 8, 2012
    8:00 pm

Les filles à l’envers 1

Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal
465, avenue du Mont-Royal Est
  • Tuesday March 13, 2012
    8:00 pm

Les filles à l’envers 2

Maison de la culture Côte-des-Neiges
5290, chemin de la Côte-des-Neiges (angle Jean-Brillant)

In the Press

  • Voyage sonore in Le Plateau (Québec)
    “Que dire à quelqu’un qui serait tenté de plonger dans l’univers des Filles à l’envers? «C’est comme aller voir le film d’un cinéaste qu’on ne connait pas, […] sauf que tu peux créer tes propres images dans ta tête».”

Voyage sonore

in Le Plateau (Québec), March 7, 2012
Que dire à quelqu’un qui serait tenté de plonger dans l’univers des Filles à l’envers? «C’est comme aller voir le film d’un cinéaste qu’on ne connait pas, […] sauf que tu peux créer tes propres images dans ta tête».

Le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, la maison de la culture du Plateau Mont-Royal accueille Les Filles à l’envers, un spectacle mettant en vedette quatre musiciennes (et un musicien) qui explorent la face cachée des sons. Entretien avec deux filles qui manient comme personne table-tournante, casseroles et autres objets inusités.

Il y a environ trois ans, la musicienne Magali Babin, active sur la scène musicale expérimentale montréalaise depuis plus de 20 ans, a eu l’idée de concevoir un spectacle féminin intitulé Les Filles à l’envers, pour la simple et bonne raison que le show était présenté à la salle L’envers, rue Van Horne.

«Je voulais créer la rencontre entre des femmes musiciennes issues de différentes générations et de différents milieux de la musique improvisée: jazz, électroacoustique, électronique, musique actuelle, etc., explique la créatrice dans la quarantaine. J’avais besoin de tisser des liens avec des femmes de 20 ans qui débutent dans le milieu, tout comme avec des musiciennes de 60 ans qui continuent de travailler et d’être inspirantes».

Histoire de favoriser un brassage des genres et des générations, chaque représentation propulsait sur scène des artistes différentes. «Ce n’était jamais le même groupe. Il y a beaucoup de femmes qui font de la musique improvisée en ce moment à Montréal», souligne la musicienne Joane Hétu, qui a eu l’occasion de collaborer au spectacle.

Les filles à l’envers récidivent

En tant que codirectrice de la maison de production SuperMusique, Mme Hétu, qui roule sa bosse depuis 30 ans dans l’univers de la musique expérimentale montréalaise, a récemment approché sa complice Magali pour lui demander de reprendre Les Filles à l’envers dans les maisons de la culture.

«On voulait que tout le monde puisse avoir accès à ce genre musical qui demeure encore underground et dont les médias ne parlent pas beaucoup. Nous avons un public fidèle, mais je veux travailler à l’agrandir. Quand les gens sont exposés à cette musique, les commentaires sont étonnants», soutient Joane Hétu, bien heureuse de jouer le 8 mars.

«On s’est dit que ce serait l’fun de présenter le spectacle en mars pour souligner la Journée internationale des femmes et pour présenter des musiciennes fortes qui ont toutes développé un langage et un univers musical très personnel», ajoute Joane.

Au programme de la soirée: Magali Babin foulera les planches avec sa table tournante et son objet fétiche: le microphone de contact. «J’amplifie des objets avec des micros-contact. Ça permet d’entendre la résonnance de l’objet», explique Mme Babin qui, l’année durant, sillonne les festivals d’art électronique avec ses installations sonores.

«Par exemple, le plat à paëlla est un objet qui a plusieurs sonorités: le contour, la poignée, le rebond, le rebord; toutes ces matières donnent différentes textures sonores, continue la musicienne qui produit le son avec ses mains ou d’autres objets».

La saxophoniste et vocaliste Joane Hétu montera également sur scène. «J’ai développé une façon de travailler avec la voix, le saxophone et les objets», lance la musicienne bruitiste.

La clarinettiste Lori Freedman sera aussi de la partie. Internationalement reconnue dans le milieu de la musique contemporaine, Freedman interprétera notamment un solo, tandis que Myléna Bergeron, virtuose de l’ordinateur, fera jaillir des sons provenant de petits objets inusités. «C’est une nouvelle maman, alors elle a piqué une coupe de jouets à son fils!», rigole Magali. Le seul gars du band, Alexander MacSween, jouera pour sa part de la boîte à rythmes.

Résultat? Un mélange de sons électroniques et acoustiques à mi-chemin entre la musique écrite et improvisée. «On va travailler avec des canevas d’improvisation et quelques consignes… Ça ne sera pas aussi improvisé que certains autres spectacles», commente Mme Hétu. Solo, duo, trio, quatuor et quintette; rien ne sera à l’épreuve des cinq musiciens.

Du cinéma pour les oreilles

Ce qui passionne Magali et Joane: aller chercher le son autrement, utiliser les instruments de manière non traditionnelle.

«Un saxophone et une clarinette ont différentes sonorités qu’on n’entend pas dans les orchestres habituels», illustre Magali. Selon elle, cette musique à tendance «bruitiste» stimule l’imaginaire et fait naître en nous des images.

«Nous allons chercher la réalité sonore d’un objet, d’un instant. Nous faisons le lien entre ce que l’on touche et ce que l’on entend. Ces sons sortent d’une casserole ou d’objets que l’on connait tous mais qui, tout à coup, apportent une nouvelle lumière», continue-t-elle.

Que dire à quelqu’un qui serait tenté de plonger dans l’univers des Filles à l’envers? «C’est comme aller voir le film d’un cinéaste qu’on ne connait pas, estime Magali. On est curieux et on sait qu’on va vivre une expérience. Là c’est pareil, sauf que tu peux créer tes propres images dans ta tête».