Ici Montréal (Québec)
Joane Hétu là
Si Joane Hétu est demeurée plutôt discrète ces derniers temps, c’est que les
festivités entourant le 10e anniversaire de sa compagnie de disques
DAME l’ont tenue occupée au cours de la saison 2001-2002. Elle revient
maintenant en force avec Nouvelle musique d’hiver, une œuvre qui sera
présentée lors du premier Festival Montréal/nouvelles musiques.
«J’avais envie de présenter une pièce intègrant les instruments acoustiques et
électriques, ce qui est une grande caractéristique des musiques actuelles», explique la
formidable touche-à-tout. C’est une des raisons pour lesquelles elle a écrit ce nouveau
cycle, car Musique d’hiver (I’originale) est de nature très
acoustique.
Cette première mouture remonte au début de l’an 2000, moment où elle a été présentée
devant public et enregistrée. Évocation de l’hiver québécois en quatre tableaux,
Musique d’hiver repose sur un matériel mélodique à tendance
minimaliste, appuyé par des éléments bruitistes. Le nouveau cycle conserve la même
structure et le même sujet; pour le reste… «C’est exactement l’inverse, souligne Joane
Hétu. La base de la pièce tient sur une structure d’intervention à caractère bruitiste
à laquelle parfois s’ajoutent des thèmes musicaux, ou plutôt des interventions
tonales.»
Pour l’exécution, Joane Hétu s’est tournée vers l’Ensemble
SuperMusique, un groupe à géométrie variable composé de membres de l’écurie
Productions SuperMusique. «Jamais ma musique n’a été jouée par un
grand ensemble!» s’exclame la joviale dame de DAME. Ils seront sept:
Martin Tétreault, Lori Freedman, Guillaume Dostaler, Diane Labrosse, Pierre Tanguay,
Joane et son conjoint Jean Derome. Mais… ces quatre derniers ne formaient-ils pas déjà
le groupe Castor et Compagnie il y a dix ans? «Faut croire que je
trouve qu’ils rendent bien ma musique… Je suis de tempérament fidèle. Vingt ans avec le
même homme, quinze ans dans la même maison et mon signe chinois est le Chien: rien de
plus fidèle!»
— François Couture, April 6, 2003 [10184]
Le Devoir (Québec)
L’hiver de force
Nouvelle Musique d’hiver, second volet d’un triptyque en
construction, donne suite à Musique d’hiver. Une célébration d’une
saison bien québécoise que signe Joane Hétu.
En 2000, SuperMusique présentait Musique d’hiver,
une composition pour quintette de Joane Hétu, toute en atmosphère, célébrant l’hiver
québécois. Cette année, la compositrice québécoise revient en force avec
Nouvelle Musique d’hiver, second Volet d’un triptyque en devenir.
Cette fois, Hétu a construit sa composition autour d’un septuor où s’entremêlent la
voix, le saxophone alto, le piano, I’accordéon, le synthétiseur, la batterie, les
flûtes, les clarinettes mais aussi divers objets dont un tourne-disque et un cd. Au
menu, une expérience «bruitiste» mais néanmoins méditative, où les sons acoustiques et
électroniques cohabitent le temps de quatre mouvements qui sont autant de tableaux
élaborés autour des quatre mois d’hiver, de décembre à mars.
«Cette pièce s’appuie sur un canevas et un concept "compositionnels" [sic] laissant
la part belle aux musiciens, qui improvisent afin de créer des textures et des climats
sonores, de préciser Hétu. Les musiciens sont au cœur de mon travail de composition.
Ils sont plus que de simples interprètes; ils participent véritablement au
jaillissement de I’œuure via l’improvisation. Dès l’instant où l’on entre dans le
processus de répétition, je deviens une musicienne parmi les autres et c’est à ce titre
que je participe alors à la création.»
Œuvre pluridisciplinaire
Afin d’amener un peu plus loin cette idée de collégialité et de pluridisciplinarité,
Hétu s’est adjoint le scénographe-éclairagiste Jonas Slowanski ainsi que le concepteur
sonore Bernard Grenon. Ainsi, aux musiques et aux textes de la compositrice se greffent
des projections visuelles de paysages hivernaux.
«Avec ses boîtes de son, Grenon travaille l’espace afin que la musique l’habite le
plus pleinement possible.»
L’hiver risque d’être chaud et haut en couleurs grâce cette production
SuperMusique/MNM présentée pour souligner le 30e anniversaire du
Centre de musique canadienne du Québec. «À l’origine, on avait pensé reprendre la
Musique d’hiver mais dès l’automne dernier, I’envie m’est venue de
profiter de l’occasion pour élaborer le second volet du triptyque d’hiver L’idée même à
la source du festival, à savoir la présentation d’un mélange, d’une multiplicité de
genres, invitait à cela. Le festival MNM est une vitrine élargie qui décloisonne un peu
la nouvelle musique en créant un engouement pour celle-ci, une effervescence. Il permet
aux musiciens de se positionner dans le monde de la nouvelle musique tout en offrant au
mélomane une véritable vue d’ensemble de cet univers éclectique qu’est celui de la
musique et de la création actuelles.
«Si je pouvais formuler un souhait, ce serait que les spectateurs assistant à un
concert de musique actuelle soit pleinement conscients que les musiciens sont en train
de créer l’œuvre in situ et qu’ils assistent à cette naissance.»
— Marie Claude Mirandette, February 22, 2003 [10183]