Le Délit (Québec)
À quoi je joue?… je joue de la guitare
Jusqu’au 12 octobre, les amateurs de guitare électrique et mélomanes avertis seront
gâtés. En effet, I’événement Guitarévolution revient cette année, nous
offrant la crème des guitaristes nationaux et internationaux dans une série de dix
concerts gratuits et payants.
Parmi les artistes présents, il est à noter le trio de guitare Kappa, groupe
montréalais alliant jazz, techno, et musique électronique, et le quintette
Lussier-Chadbourne qui nous offriront des airs folkloriques, reels, bluegrass et
rigodons québécois, apprêtés à la sauce de la musique actuelle. Ceci risquant d’être
fort intéressant, ces concerts devraient éventuellement faire I’objet d’un article dans
un numéro ultérieur du Délit.
— Mathieu Gobeil, October 1, 2003 [10193]
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Disques
Un disque sur lequel on a eu la bonne idée de mêler des extraits de deux concerts
bien différents donnés par Chadbourne et Lussier, le premier à Paris en 1998 et le second à Victoriaville en 2002.
La première rencontre du duo était pratiquement improvisée, tandis que celle du FIMAV
avait été précédée de plusieurs jours de répétitions. On a donc un agréable mélange
dans lequel les deux guitaristes déversent, dans le désordre, du folklore bionique, une
bonne dose d’humour, des jeux de guitares ou de banjo complètement tordus, une chanson
de Doug Sahm sur Louis Riel, de la
podorythmie et tout plein de bonne humeur. C’est en effet une véritable oasis dans un
paysage «actuel» où l’on se retient trop souvent de simplement jouer de la musique.
— Réjean Beaucage, February 6, 2003 [2197]
Quartier Libre 10,4 (Québec)
Le champs des possibles
«Bien sûr, la guitare est très connue, que ce soit dans la pop, le Blues où le jazz,
mais nous cherchons à présenter une nouvelle vision de la guitare électrique», explique
Tim Brady, compositeur, guitariste et directeur de l'événement. Chaque artiste apporte
son point de vue sur l'instrument, I'originalité et la qualité de jeu qui lui est
propre. ~Avec GuitaRévolution, dit Tim Brady, on crée un environnement
propice à l'exploration de tous les champs possibles de l'instrument tout en formant un
lien avec le pub1ic et les artistes. «C'est ainsi qu'on entend successivement, entre
autres, un concerto pour guitare electrique, échantillonneur et ensemble de 15
musiciens; un trio de guitare préparée; le duo Heïkalo/Bull de Halifax, accompagné de
Bernard Falaise et Pierre Labbé; le trio de guitare Kappa et le
quintette de René Lussier et Eugene Chadbourne, bref, autant d'approches musicales que
de musiciens.
Autre première mondiale au programme de cette série Évolution et
non la moindre: le quintette Lussier/Chadbourne. Le compositeur et guitariste québécois
René Lussier et le guitariste américain Eugene Chadbourne, lui aussi compositeur et
improvisateur, seront ensemble pour une deuxième fois en sol québécois, aprés une
performance mémorable au Festival international de musique actuelle de Victoriaville.
Cette fois ci, c'est sous la forme d'un quintene totalement inédit qu'ils se
produiront. Des musiciens venant d'univers musicaux différents sont au rendez-vous.
Lori Fdedman, clarinetiste de formation classique, habituée des circuits de musique
contemporaine et invitée régulière de plusieurs formations de musique actuelle,
soul~lera dans ses tuyaux en compagnie de musiciens venant plutôt du milieu des
musiques traditionnelles. Claude Mathé violoneux autodidacte et membre fondateur de la
formation Réve du Diable et du groupe Entourloupe, se consacre à la musique follklorique québécoise depuis plus
de vingt ans. Le guitariste Pierre Lavoie, le moins connu du groupe, joue à revivifier
la tradition depuis quelques années avec René Lussier, qu'il a rencontré dans son
voisinage entre les Bois-Francs et les Cantons de l'Est. Malgré cette réunlon
d'eléments disparates René Lussier n'a aucune crainte quant au résultat de son
spectacle. «On réunit des musiciens intelligents, dotés d'une grande capacité
d'adaptation. De plus, I'improvisation est présente dans la musique traditionnelle.
Tous ces musiciens ont déjà intégré des éléments d'improvisation à un moment dans leur
musique et ce ne sera nouveau pour personne, si ce n'est pour Lori, de jouer en
compagnie de musiciens issus de cette tradition.»Les musiciens se rencontreront donc
pour la première fois deux jours avant le concert, pour nous concocter un moment
musical mémorable. Airs folkloriques, reels irlandais, ragtime, bluegrass et rigodon
québécois sont donc au programme de cene rencontre inédite, le tout dosé de virtuosité
et d'humour espiègle.
— Patrick Verret, October 9, 2002 [10194]
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Cordes et âme
Tim Brady a un automne chargé. D’abord avec le festival
Guitarévolution, présenté à compter de cette semaine par la société
Innovations en concert dont il est directeur artistique, puis par une composition pour
20 guitaristes offerte dans le cadre du forum international des arts jeune public Les
Coups de Théâtre en novembre, et enfin par un concert de son propre ensemble,
Bradyworks, en décembre (sur lequel nous reviendrons). Sans oublier que l’OSM
interprétera l’une de ses oeuvres les 26 et 27 novembre. Je l’ai rencontré chez lui
pour discuter de tout ça.
Ce sera la première fois que l’OSM interprétera une oeuvre de Tim Brady lorsque
Rafael Frühbeck de Burgos (prédécesseur de Charles Dutoit à la direction artistique de
l’OSM) dirigera l’orchestre dans Three or Four Days After the Death of Kurt Cobain,
originellement écrite pour piano et violoncelle. Ce n’est pourtant pas sa première
oeuvre orchestrale. "J’ai beaucoup composé pour orchestre alors que j’étais "jeune
compositeur", opine Brady. Parce qu’au moment de sortir de l’école, on se fait dire que
si l’on veut être pris au sérieux, il faut composer pour orchestre. Mais j’ai voulu
m’impliquer davantage dans la musique qu’en l’écrivant simplement: je voulais aussi la
jouer. Et puis, à partir d’un moment, elle est devenue beaucoup plus rythmée, ce qui
est difficile à faire passer à l’orchestre. Ça m’a pris presque 20 ans de travail avant
de trouver la façon de faire ce genre de musique très rythmée avec un orchestre."
Cette longue recherche ne l’a pas empêché de voir sa musique primée à de nombreuses
reprises, et jouée aussi bien à Winnipeg, Pittsburgh ou Philadelphie. Mais il y a de
nombreuses contraintes à l’écriture pour orchestre, et le temps de répétition offert
n’est pas la moindre. "On m’a déjà donné 25 minutes de répétition pour une pièce de… 20
minutes! lance-t-il. Pour (…) Kurt Cobain, que jouera l’OSM, j’ai essayé de contourner
ce problème. Chostakovitch avait une manière de faire une musique qui soit complexe
tout en étant pourtant "facile" à jouer, et Lutoslawski aussi. Ça se passe sur le plan
de l’écriture. Alors j’ai travaillé là-dessus. Ivan Alexander, de Toronto, a commandé
l’orchestration et l’a interprétée à Prague. Ça sonnait très bien. J’ai hâte d’assister
aux répétitions avec l’OSM!"
Tim Brady a récemment pu s’exercer davantage à l’art d’écrire une musique qui
demeure complexe, tout en étant "facile" à jouer, puisqu’il a dû composer une pièce
pour 20 guitares électriques qui sera interprétée par des instrumentistes provenant
d’écoles secondaires de la région de Montréal. Sous le titre 20 Jacks 1/4, l’oeuvre a
été commandée par Les Coups de Théâtre et sera présentée les 21 et 22 novembre à
l’Espace chorégraphique Jean-Pierre Perreault. Une version studio de Brady devrait
paraître chez Ambiances Magnétiques vers les mêmes dates. "J’ai été impressionné par la
qualité de ces jeunes guitaristes, dit Brady, et je pense qu’ils seront de très bons
interprètes." Je peux vous dire pour avoir eu droit à quelques extraits que ce sera
certainement quelque chose à entendre.
Comme le sera aussi la programmation du festival Guitarévolution, qui débutait le 28
septembre et se poursuit jusqu’au 12 octobre. Le quintette Structural Damage, Nick
Didkovsky (Doctor Nerve) et le doublé Wiek Hijmans/Seth Josel se produiront
(gratuitement) à la Maison de la culture Plateau-Mont-Royal, tandis que quatre autres
concerts seront donnés au Théâtre La Chapelle. Le trio de guitares de l’ensemble Kappa
y sera le 9, les guitaristes Bernard Falaise, Daniel Heïkalo et Arthur Bull, et le
saxophoniste Pierre Labbé le 10, tandis qu’André Duchesne, Rainer Wiens et Sam Shalabi
se joindront à neuf jeunes guitaristes le 11 pour présenter trois quatuors et une pièce
pour 12 guitares. Le festival se terminera le 12 avec René Lussier et Eugene
Chadbourne, que l’on a vus en duo à Victo mais qui seront accompagnés cette fois-ci de
Lori Freedman (clarinette), Pierre Lavoie (dobro) et Claude Méthé (violon) pour une
session de country-folk surréaliste. En plein milieu du festival, soit le dimanche 6,
le Nouvel Ensemble Moderne et sa directrice Lorraine Vaillancourt feront la création de
Playing Guitar, un concerto pour guitare électrique et grand ensemble de Tim Brady.
L’œuvre, d’une cinquantaine de minutes, sera donnée à la salle de concert
Oscar-Peterson (7141, rue Sherbrooke Ouest), une magnifique salle qui n’est pas
exactement au centre-ville, mais qui vaut amplement le détour. Aussi au programme de ce
concert, Brady interprétera des oeuvres d’Alex Burton (pour guitare et ordinateur) et
de Jean-François Laporte (pour guitare à archet et bande), puis se joindra au duo
Traces (Guy Pelletier, flûte et Julien Grégoire, percussions - tous deux du NEM). Un
concert à ne pas manquer. Info: www.innconcert.ca.
— Réjean Beaucage, October 3, 2002 [10195]
Other texts in
Le Devoir (Québec), La Presse (Québec)
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