Le Musicien québécois 4,2 (Québec)
Super-Mémé dépousière les muses
Dans la mythologie grecque, les Gorgones possédaient d’étonnants pouvoirs. L’une des
trois, Méduse, engendra Pégase qui d’un coup de sabot fit jaillir la fontaine
d’Hippocrène où s’abreuvèrent les poctes et les muses de l’Antiquité. Trois Gorgones
modernes plutôt sympathiques, Joane Hétu, Diane Labrosse et Danielle Roger des
Productions Super-Mémé, redonnaient vie aux muses lors de l’ouverture
récente du nouveau Musée d’art contemporain de Montréal. Les Muses au
Musée, tel était le nom de l’événement. Un projet audacieux qui a réuni sur
scène des créatrices aux styles aussi variés qu’hétéroclites. Neuf muses différentes
soit, Lou Babin qu’on a vue dans Carbone 14, la chansonnière Pauline ]ulien, le soprano
Pauline Vaillancourt une habituée de la Société de Musique Contemporaine du Québec et
du Nouvel Ensemble Moderne, la chanteuse de jazz Karen Young, Catherine Jauniaux,
porte-étendard de I’avant-garde rock européenne, la poétesse et musicienne Geneviève
Letarte, la chorégraphe et danseuse Marie Chouinard, Maggie Nicols, une fervente
représentante des milieux de la musique improvisée et le soprano Natalie Choquette qui
interprète aussi bien Mozart que Schonberg. Parlant et chantant a cappella dans une
suite de tableaux animés, elles nous ont tour à tour entraînés dans leurs inventions
Iyriques. Puis pour présenter chaque scène, I’excellente contrebassiste francaise
Joëlle Léandre improvisait de courts interludes.
Fasciné, parfois troublé, le public s’est laissé guider et séduire. Malgré les
contrastes et la variété des créations, I’ensemble formait un tout cohérent, un bouquet
coloré chargé de sensibilité et d’émotions. «Tout dans ce spectacle contribuait à
mettre en I’avant-garde rock européenne, la poétesse et musicienne Geneviève Letarte,
la chorégraphe et danseuse Marie Chouinard, Maggie Nicols, une fervente représentante
des milieux de la musique improvisée et le soprano Natalie Choquette qui interprète
aussi bien Mozart que Schonberg. Parlant et chantant a cappella dans une suite de
tableaux animés, elles nous ont tour à tour entraînés dans leurs inventions Iyriques.
Puis pour présenter chaque scène, I’excellente contrebassiste francaise Joëlle Léandre
improvisait de courts interludes.
Fasciné, parfois troublé, le public s’est laissé guider et séduire. Malgré les
contrastes et la variété des créations, I’ensemble formait un tout cohérent, un bouquet
coloré chargé de sensibilité et d’émotions. «Tout dans ce spectacle contribuait à
mettre en coordonnait le Festival International des Musiciennes Innovatrices à Montréal
et, en 1989, la Série Musiciennes Innovatrices. «La présence des
femmes dans le domaine de la création musicale est considérable et pourtant on les
connaît à peine, souligne Diane Labrosse. Elles travaillent souvent dans l’ombre. Les
muses en sont un bel exemple. Chacune, à sa manière, a marqué le milieu des arts au
Québec et méme à l’étranger. Leur engagement profond et sans compromis a largement
contribué à faire évoluer le rendre hommage.»
Heureuses de clore leur saison de concerts avec cet événement qui a suscité
l’enthousiasme du public et de la critique montréalaise, les
Super-Mémés se consacrent à d’autres projets. Les trois femmes qui
sont aussi musiciennes - Diane Labrosse est claviériste, Danielle Roger,
percussionniste et Joane Hétu, saxophoniste - comptent bien poursuivre leur travail
d’exploration sonore avec la bassiste Marie Trudeau au sein du groupe Justine. De plus,
avec la Théorie des Ensembles qui regroupe La Flore Laurentienne, Les Granules, la
Locomotive d’André Duchesne et le MCF Bruire de Michel F Côté, elles participeront en
août prochain au lancement d’un disque gravé sur étiquette Ambiances
Magnétiques. Jazz fragmenté, rock éclaté, folklore réinventé ou bruitisme,
Ambiances Magnétiques est une figure importante de la petite industrie
québécoise de la musique actuelle.
Enfin cet automne, Joane Hétu et Danielle Roger inscriront leur spectacle
Double Sens au calendrier du festival New Music America qui se tiendra
à Toronto.
Regroupant des danseuses et des musiciennes dans un jeu d’improvisation basé sur le
hasard, Double Sens avait excité les esprits les plus inventifs lors
de sa sortie à Espace Tangente en mars dernier. «Sans cesse, nous cherchons à créer de
nouvelles alliances avec d’autres artistes, conclut Diane Labrosse. Notre travail est
de plus en plus reconnu. Les musiciens de musique contemporaine s’ouvrent à ce que nous
faisons dans le courant de la musique actuelle. Au fil des ans,
Super-Mémé est devenu un lieu de rencontres inattendues. La musique
que nous y diffusons témoigne de notre époque, d’une certaine frénésie de fin de
siècle. Désormais, les repères ne tiennent plus. L’harmonie et les rythmes ont subi des
mutations. C’est une musique en constante évolution qui ignore les interdits. Il n’y a
plus qu’une seule règle: I’humour et le plaisir.»
— Ève Méthot, August 1, 1992 [10134]
Le Journal du musée d’art contemporain de
Montréal 3,1 (Québec)
Les Muses au musée
Les muses au musée is a vocal art event bringing together nine
women artists from different disciplines (music, singing, dance, theatre). Each will
create a 5 to 10-minute performance using her voice as the ouly instrument.
As performers and creators, these women have been selected for their originality and
determination to promote true artistic quality in their respective fields of
endeavour.
Personifying the nine Muses in the classical tradition, artists Lou Babin, Nathalie
Choquette, Marie Chouinard, Catherine Jauniaux, Pauline Julien, Geneviève Letartre,
Maggie Nicols, Pauline Vaillancourt and Karen Young will draw their inspiration,
respectively, from Erato (love poetry), Polyhymnia
(Iyric poetry), Terpsichore (dance), Melpomene
(tragedy), Clio (history), Calliope (eloquence),
Thalia (comedy), Urania (astronomy) and
Euterpe (music). As an interesting side note, the word "music" comes
from the Greek mousikê, which means "art of the Muses." In the classical tradition,
although each Muse had her own speciality, they inspired song and language arts in
general. Thus Terpsichore is the Muse of dance related to song, as personified by
choreographer-performer Marie Chouinard.
In ancient times, music was primarily seen as song and poetry, but it also covered
all of the arts related to song and Iyrics and all of the intellectual
disciplines(history,astronomy philosophy…) as thought expressed in words.
These nine modern Muses will each present an a cappella piece based on contemporary
music areas of song, jazz, improvisation, etc. Joelle Léandre, an eclectic and virtuoso
double bassist, will join these artists. She will present short improvised interludes
on the concert themes.
— Suzanne Lemire, June 1, 1992 [10145]
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