Activité culturelles de l’Auberge Île du
Repos (Québec)
Des musiciennes actives et rotatives qui travaillent à se faire pousser les
dents
«Ici la provocation est un geste volontaire. […] Ici la musique est une liberté
apprivoisée. Il s’agit de savoir casser la coquille et se répandre sans jamais se
briser. Et si on parle d’oeuf, celui de la poule requiert 21 jours d’incubation.
J’admire une telle efficacité, une telle spontanéité.» Ce sont là les mots de Diane
Labrosse, qui forme avec Joane Hétu et Danielle Roger le trio Les Poules. Efficacité et
spontanéité certes, mais bien plus encore. La musique des Poules en est une sans
mégarde, pour la chute de la règle, pour les débordements de la matière, une musique
aux gestes rapides, aux sauts périlleux, une ode au parachute.
Toutes trois membres du groupe Wondeur Brass elles explorent ici une approche
complètement différente. Au départ, Les Poules c’est essentiellement une énergie de
studio. Six mois en atelier, Ia rentrée en studio au printemps et un disque:
Les contes de I’amère loi, arrivé à éclosion cet automne dans la
collection Ambiances Magnétiques et lancé au Festival International de
Musique Actuelle de Victoriaville en octobre 1986. Cet événement souligné par la
présence «live» des Poules s’est mérité beaucoup d’attention à Victo et les a poussées
à sortir du studio pour présenter Les Poules en show. Un show aux antipodes des
démarches populaires, dans la lignée des musiques montréalaises les plus actuelles, les
plus éclatées. Une musique hachurée, multidirectionnelle, riche en sonorités bizarres,
faite avec imprudences, accidents et hasard. Rien n’est figé, le leitmotiv de ce
recueil naïf et méchant de musiques nouvelles c’est l’improvisation. La matière a été
retravaillée jusqu’à la gravure de l’album, alors en show, elle sera retravaillée.
Avec Les Poules: «Attention!!! Travaux, ne laissez pas la panique s’emparer de vous…
restez dans le mouvement des choses».
Les Poules: Joane Hétu (du souffle, une force, une femme, un instrument, un timbre,
de I’énergie. Fait de la musique inutile et aime Simone de Beauvoir): saxe alto,
synthétiseur CS-5, voix. Danielle Roger (Once upon a time she had an idea and once upon
this idea she had a time): batterie acoustique et électronique RX 11, synthétiseur Poly
6, voix. Diane Labrosse (piano électrique à 25 ans. Un premier band à 28 ans, un
deuxième à 30. Convertie au synthétiseur à 32 ans. De plus en plus synthétisée à 33.
Midisée à 34 et POULE à 35): synthétiseurs CZ-5000, Poly 6, DX7, voix.
June 1, 1987 [10030]